In foetu

Je suis chirurgien. Jusqu'à présent, j'ai eu affaire à un bon paquet d'étranges cas médicaux, mais l'un d'eux continuera de me hanter probablement jusqu'à ma mort.
En automne 1987, une anomalie médicale extrêmement rare a touché un pauvre enfant de 7 ans du nom de William. Je travaillais en tant que chirurgien en chef dans la petite ville de Montrose dans le Colorado. William était allé chez son pédiatre pour se plaindre de fortes douleurs venant de son ventre. Il disait aux docteurs qu'il avait un « homme » qui vivait en lui et qui refusait de le laisser tranquille jour et nuit. Il disait qu'il lui faisait mal à divers endroits, comme s'il tirait sur les ficelles d'une marionnette. On pouvait le voir souffrir et pleurer dans le bureau du médecin, suppliant qu'on le soulage de ses douleurs atroces. Sa mère était extrêmement inquiète. Le docteur a donc procédé à un examen complet mais n'a rien trouvé d'anormal. Il a simplement dit à la mère de le ramener à la maison, et lui a prescrit de puissants antidouleurs.
Quelques semaines se sont écoulées, tandis que la douleur du garçon empirait. Le docteur ne savait plus quoi penser. Il ne trouvait toujours rien d'anormal, prescrivant des antidouleurs de plus en plus forts. Un jour, la mère est arrivée dans un état de grande panique. Elle est entrée en criant que son fils mourrait, et qu'il saignait abondamment. William avait du sang qui dégoulinait de sa bouche, et il se traînait à quatre pattes, suppliant les médecins de le tuer. Horrifiés, ils l'ont envoyé à l'hôpital.
C'est donc à ce moment qu'il est parvenu à notre équipe médicale. Les docteurs ont déterminé qu'il avait une grosse tumeur au torse, après que les rayons X aient révélé une étrange formation dans sa cavité viscérale.
Il fallait opérer de toute urgence.
Moi et mon équipe avons rapidement enfilé nos masques et nos blouses avant de le conduire au travers des couloirs de l'hôpital. Nous avons accéléré lorsque le garçon s'est mis à hurler.
Nous lui avons mis un masque anesthésiant alors qu'il se tortillait et demandait à la mort de le prendre. Sa tête se balançait d'avant en arrière avec violence, comme s'il ne le contrôlait pas. Elle se balançait si fort qu'il a fallu deux docteurs pour la maintenir. Il a commencé à se calmer, jusqu'à ce que finalement ses yeux se ferment, alors que l'anesthésie faisait effet. Nous l'avons conduit en salle d'opération et lui avons arraché son t-shirt Spider-man. J'ai pris mon scalpel et j'ai ouvert son torse. La fine peau s'est ouverte et le sang a rapidement coulé, révélant des veines et du mucus. J'ai entendu un gargouillement venant de l'intérieur du gouffre sombre que j'avais créé. Nous avons placé des pinces à l'emplacement de l'incision et juste au moment où nous allions tirer, nous l'avons vu.
Venant de juste en dessous de ses abdominaux cramoisis, un bras a jailli. La chair s'est étirée jusqu'à se déchirer. Ça a projeté des morceaux sur nos visages ainsi que sur nos vêtements. Nous étions tous stupéfaits, pétrifiés par le choc. Le bras était petit et frêle, rouge, et visqueux tant il y avait de sang. Il reposait sur ses entrailles tailladées. Je me tenais là, bouche bée. Mon souffle restait coincé entre ma gorge et mes poumons. J'ai pris mon scalpel en tremblant puis j'ai ouvert la blessure plus profondément. J'ai jeté un œil à l'intérieur de la masse rose et rouge où j'ai vu un corps recroquevillé, et j'ai su que c'était un nourrisson. J'ai placé mes mains sur sa peau douce et écarlate pour tenter de le prendre. Il gigotait dans mes mains, et me fixait des yeux. Je l'ai pris, le tenant au-dessus du corps du pauvre garçon. L'enfant était intégralement recouvert de sang. Il avait des yeux étranges, auxquels il manquait la pupille et ses lèvres étaient étroitement serrées. Il était recroquevillé sur lui-même. Il ne ressemblait pas à un enfant, mais plutôt à un alien. Le plus surprenant était qu'il n'avait pas de cordon ombilical.
En voyant l'enfant gigoter, les médecins ont reculé avec horreur. Je bégayais, incapable d'articuler une phrase sensée. Je jure que je ne mens pas sur ce qui est arrivé par la suite. Le nourrisson me regardait et il a ouvert la bouche. Une grosse quantité de sang en a coulé. Il a commencé à pousser de petits cris stridents. C'était... Extrêmement désagréable à entendre.
Mes yeux étaient grands ouverts, et j'étais pétrifié. Les autres médecins se sont enfuis de la pièce en se bousculant.
L'enfant était dans mes mains criant toujours plus fort. Il s'arrêtait parfois quelques secondes pour cracher du sang dont il ravalait la moitié à chaque fois. Je l'ai finalement lâché, le laissant tomber sur le sol. Ça a provoqué un bruit sourd sur le carrelage avec un répugnant « crack ! » J'ai cru qu'il était mort, car il est resté immobile un moment. Puis finalement, il s'est mis à pleurer. À pleurer comme n'importe quel nourrisson, et pas comme un monstre. Je n'ai pas pu m'empêcher de m'approcher et de me pencher sur lui pour voir dans quel état il était.
Avec une rapidité effrayante, il m'a griffé au visage. Sans trop réfléchir, je me suis levée et je lui ai donné plusieurs coups de pied, espérant en finir avec cette abomination. Quand j'ai été sûr qu'il ne respirait plus, je me suis laissé tomber au sol et je n'ai pas bougé pendant plusieurs longues minutes.
La police est intervenue et m'a trouvé seul avec le cadavre du monstre. J'étais immobile, sous le choc. Pour ce qui est de William, son électrocardiogramme affichait une ligne plate, il a été déclaré mort d'une hémorragie. Un policier m'a aidé à me lever pour me faire sortir
Des recherches ont été menées et il a été établi que l'enfant était victime d'un rare cas appelé Foetus in foetu. Cela apparaît quand, durant la grossesse, des jumeaux sont procréés et l'un d'eux se fait enveloppé par l'autre, devenant un parasite. Quoi qu'il en soit, ce n'était pas un humain. Nous n'avons jamais pu en savoir plus sur lui car quand les policiers, moi et d'autres médecins sommes retournés dans le bloc une vingtaine de minutes plus tard, le corps de la chose avait disparu.

Necrosleep


My Disconnected Life 

Auteur: Reed Murdock
16/10/2014

Salut les gars, aujourd'hui j'ai décidé d'ouvrir ce blog pour vous parler de ma nouvelle vie. La plupart de ceux qui me liront sont probablement des amis et des connaissances, mais pour tous les autres, je vais en dire un peu plus sur moi. Je m'appelle Reed, je viens de déménager de chez mes parents (Dieu merci) et aujourd'hui je vis ma vie sans que personne ne puisse plus m'embêter. Techniquement, c'est moi qui ai débarrassé le plancher, mais ils avaient clairement prévu de me chasser. Personne ne veut d'un addict au crack dans mon genre, même pas mes propres géniteurs. Enfin, pas que ça ait de l'importance.

Peu importe, je suis ma propre route maintenant. J'ai dû laisser tomber une bonne partie de mon confort - si on peut appeler confort la cuisine de ma mère. Je préfère largement vivre de nouilles instantanées, de toutes façons. Les jours où je suis d'humeur fantaisiste, je prends du maïs grillé.

En parlant de ça, je dois vous avouer que mon appartement est tout sauf fantaisiste. En fait, j'ai pris le moins cher que j'ai pu trouver. Le dicton "tu as ce que tu payes" me paraît particulièrement vrai quand j'essaie de dormir au son de ce que je suppose être une vieille qui se fait agresser dans la ruelle d'à côté. Mon petit sanctuaire se compose d'une pièce à vivre, d'une kitchenette, d'une salle de bains et d'un WC. Les murs ne sont pas plus épais que du carton et le tapis est taché de Dieu sait quoi, mais tout ça me suffit.

Une chatte du nom de Brindille vit avec moi. Elle est de cette race étrange dépourvue de poils, et c'est du coup un sujet de conversation régulier. On me demande souvent pourquoi le chat a la peau retournée, ou si c'est la victime d'une tentative de taxidermie ratée.

Aussi pourrie que ma vie puisse paraître, vivre de rien a ses avantages. Mon coût de vie est voisin de zéro, de sorte que je peux me contenter de petits boulots sur internet sans même quitter ma maison. Je passe la moitié du mois à pondre des avis bidon sur des produits que je n'ai pas consommés et à remplir des sondages sur des sujets politiques auxquels je ne comprends rien, et l'autre moitié à surfer sur le net et à regarder des copies piratées d'épisodes des X-files. Je n'ai même pas à payer ma connexion, je profite du wi-fi des voisins. Je parie qu'ils dépassent de loin leur forfait. Oh, et puis, c'est pas mon problème.

Je mettrai ce blog à jour tous les un ou deux jours suivant ce que j'aurai à dire. Merci d'avoir lu mon pavé, heureusement ma vie va devenir un peu plus excitante dans les jours à venir.

-Reed



18/10/2014

J'ai décidé de faire quelque chose que je ne fais pas d'habitude. Il est 3 heures du matin et j'ai l'intention de rester debout toute la nuit, une réserve de boissons caféinées à mes côtés. Pourquoi je fais ça, vous me demanderez ? Car je cherche à passer naturellement à un mode de vie nocturne. En d'autres termes, je vais vivre la nuit et dormir le jour. Il y a plein de bonnes raisons de le faire :

1- Il y a moins de gens dehors la nuit, sortir de l'immeuble sera moins désagréable.

2- Les UV solaires peuvent vous filer le cancer, pas vrai ?

3- Briser les normes sociales.

4- La vitesse de ma connexion semble s'accélérer légèrement au-delà de minuit.

5- On est dans un pays libre, j'ai même pas à me justifier en fait.

Aussi, j'ai rejoint un forum plutôt cool, ça s'appelle Nocturnal Underground. Naturellement, il est fréquenté par plein de reclus et de misanthropes cyniques. C'est juste parfait pour moi. Je me suis inscrit tout de suite après l'avoir découvert et les membres du forum se sont révélés très accueillants. Ce n'est pas la plus connue des destinations de ce genre sur internet, plutôt un petit trou perdu au milieu d'une énorme culture souterraine.

Il me semble qu'on partage tous le même goût pour l'isolement social, ce qui est génial, parce qu'avant ça je pensais vraiment être le seul taré à être dans ce cas, à ne pas supporter de parler à des personnes normales. Après tout, c'est les mêmes "gens normaux" qui me disent que j'ai pas le droit de fumer telle ou telle substance, comme si ça les regardait.

Je vous en dirai un peu plus sur comment cette occupation nocturne fonctionne pour moi. Prochainement.

-Reed



21/10/2014

Je m'habitue très bien à mon nouveau mode de vie. Je crois que je peux même dire que c'est comme ça que j'aurais toujours dû vivre. Internet est un endroit bien plus intéressant durant la nuit.

Tout s'est passé plutôt normalement ces derniers temps, à une exception près.

La nuit dernière, j'ai reçu un message privé sur Nocturnal Underground. Voici le message copié-collé pour votre plus grand plaisir :

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De: Revelation616
À: Reedman07
Sujet: necrosleep.net

Mes félicitations, Reedman07. Vous avez obtenu une invitation pour un site privé qui va changer votre vie à jamais. Découvrez ce que la société vous cache sur necrosleep.net

Utilisez ce code d'accès personnel pour vous connecter : DCXVI

Découvrez ce que vous avez manqué toute votre vie durant.

necrosleep.net
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Ça ressemblait à une grosse arnaque, mais ça a piqué mon intérêt. Je n'ai pas pu résister à l'envie d'aller voir juste pour voir ce que ça pouvait être.

Je me suis donc rendu à l'adresse indiquée et je me suis retrouvé sur une page entièrement noire. J'ai remarqué le curseur clignotant au centre de la page, qui m'indiquait que je pouvais taper du texte ici. J'ai supposé que c'était là que je devais entrer mon mot de passe. Et je supposais bien.

En accédant à la page d'accueil, j'ai immédiatement remarqué que tout le texte était en russe, à l'exception de la bannière qui affichait un simple "necrosleep.net" en anglais. Mon navigateur m'a offert de traduire la page, j'ai cliqué sur oui.

Maintenant que j'y pense, ce site était clairement louche. Celui qui l'avait conçu n'avait pas l'air très versé dans le web design, on aurait plus dit un bloc-notes qu'un véritable site web. Le fond était noir, le texte écrit en police courier très commune, et sous le titre, il y avait plusieurs hyperliens rouges : Accueil, Boutique, Secret, Crédits. Voici un extrait de la page d'accueil :

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Bienvenue sur necrosleep.net

Ce site n'est accessible que sur invitation. Seuls les visiteurs sélectionnés ont accès à nos produits spéciaux qui changeront leur vie à jamais.

Necrosleep est un produit qui annule, sans conséquence négative, le besoin biologique de sommeil, cela grâce à notre formule secrète. Une pilule chaque jour et vous ne ressentirez plus jamais l'envie de dormir.

Essayez vous-même en cliquant sur le lien "Boutique" ci-dessus. Si Necrosleep ne change pas votre vie, nous vous rembourserons intégralement.

Votre étonnement est garanti.
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C'est plutôt osé, comme affirmation. Il n'y a aucune raison pour que ça marche réellement, sinon tout le monde en prendrait. Évidemment, j'étais sceptique, et je le suis toujours, mais j'ai continué à naviguer sur le site par simple curiosité. J'ai cliqué sur "Secret", ce qui m'a amené à une autre page. Voici le texte qui était affiché :

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Le Necrosleep est composé de produits rares que nous ne pouvons pas divulguer pour des raisons de secret industriel. Afin que notre produit demeure disponible, nous ne le distribuons que via des canaux alternatifs et depuis un fournisseur unique.

Le principe actif du Necrosleep est l'aboutissement de longues années de recherches de la part des scientifiques et des médecins pour remplacer le sommeil par l'état conscient. Nous sommes parvenus à nos fins là où tous les autres ont échoué, par la seule volonté de notre maître.

Nous pouvons vous affirmer de façon certaine que Necrosleep va changer votre vie, et que vous ne ressentirez plus jamais la fatigue.

Ouvrez-vous à notre secret.
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"Canaux alternatifs"? Marché noir, je suppose. Tout ça ne me paraissait pas très légal. Pas que je me soucie de la loi, juste que ça me mettait pas trop en confiance.

Peu importe, je me suis dit, j'ai continué en cliquant sur le lien "Crédits". J'ai eu un léger haut-le-cœur en découvrant la photo la plus dérangeante que j'avais jamais vue d'une personne vivante. C'était un vieux portrait en noir et blanc, représentant un grand homme en blouse blanche. S'il n'avait pas été debout, j'aurais bien dit qu'il était mort, mais je suppose qu'il était simplement gravement malade - et certainement aveugle, à voir ses yeux pâles et sans vie. Aucune trace d'émotion sur son visage.

Il y avait une ligne de texte en-dessous, que je vous retranscris :

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Le génial docteur Hail A. Stan, pionnier dans la mise au point du Necrosleep, serviteur de notre maître et fondateur de l'Institut Ukrainien de Médecine Occulte. Ses travaux se poursuivent encore aujourd'hui.
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"Serviteur de notre maître", "Médecine occulte"... J'ai peut-être regardé trop de films d'horreur, mais c'est pas ce que j'appellerais des techniques de vente typiques. Ils font peut-être partie d'un groupe religieux bizarre ? J'avoue que j'étais un peu mal à l'aise, mais bien moins que fasciné. J'ai cliqué sur le lien "boutique", encore une fois plus par curiosité qu'autre chose.

Il s'avère qu'une seule pilule a déjà un coût astronomique en monnaie russe, et j'ai calculé que ça équivalait à environ 130 dollars américains par comprimé. Ridicule ! Même si j'en avais eu les moyens, je m'en serais pas payé une seule. J'ai quitté le site immédiatement après.

Je me dis maintenant que ce n'était sans doute rien d'autre qu'une tentative maladroite de m'escroquer, ou que l'initiative venait d'une secte bizarre. D'un autre côté, ça aura rendu ma journée plus intéressante qu'à l'ordinaire.

-Reed


22/10/2014

J'ai ouvert un thread sur Nocturnal Underground au sujet du mystérieux utilisateur qui m'a envoyé le message privé. Je voulais en savoir plus au sujet de necrosleep.net, et découvrir qui était cet utilisateur était la première étape de mon enquête. Je vous copie-colle notre conversation :

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Reedman07 : Salut les gens, j'espère que je n'enfreins pas les règles en postant ça dans la section "troll et harcèlement", mais je voyais pas d'autre endroit où caser ça. Je me suis dit que cet incident pourrait être considéré comme du spam si d'autres utilisateurs avaient reçu la même pub que moi. En fait, l'autre jour, j'ai reçu un MP d'un utilisateur que je n'avais jamais vu avant, son pseudo est Revelation616, et le message était une publicité pour ce que je pense être un supplément. Quelqu'un l'a déjà vu avant sur le forum ? De mon côté je suis sûr que non. Si vous avez des infos là-dessus ce serait sympa !

Cosmic_Trashbin : Je ne reconnais pas le pseudo, il doit être nouveau ou inactif. Quel était le contenu du message ? On pourra toujours contacter un admin pour demander un ban.

Reedman07 : Voilà une capture d'écran du message. [Message.jpg]

Cosmic_Trashbin : Bizarre. Tu as visité le site ? J'espère que non, c'est sûrement bourré de virus là-bas. lol

B3457w4rf4r3 : Je viens d'essayer, c'est rien d'autre qu'un écran noir. Le code d'accès ne marche pas, quand je l'entre, j'ai une pop-up qui me dit que mon IP est invalide.

Reedman07 : Évidemment que j'y suis allé. J'ai pas pu résister.

Thuglyfe4lyfe : Ça marche pas non plus de mon côté. IP invalide.

Cosmic_Trashbin : Si ça marche seulement avec Reedman c'est que ça doit être lié à son IP, d'une manière ou d'une autre. Tu peux prendre quelques captures d'écran du site? ça m'intéresse.

Reedman07 : Et voilà. La page était en russe, je l'ai traduite avec mon navigateur. [Main.jpg] [Purchase.jpg] [Secret.jpg] [Credit.jpg]



B3457w4rf4r3 : C'est vraiment chelou ton truc.

Cosmic_Trashbin : Wow. Ne pense même pas à t'approcher, t'as cherché les ennuis rien qu'en cliquant sur le lien. Ils t'ont peut-être même déjà collé un keylogger à l'heure où je te parle.

B3457w4rf4r3 : Sans parler du fait que cette merde est probablement coupée au cyanure.

Cosmic_Trashbin : S'il est assez stupide pour en acheter, notre pool génétique sera meilleur sans lui, de toutes façons.

B3457w4rf4r3 : Ne jamais faire confiance à un russe.

Thuglyfe4lyfe : Je suis russe et je trouve ce message très insultant.

B3457w4rf4r3 : tu prétendais être asiat la semaine dernière, va falloir faire ton choix !

Reedman07 : Je quitte le thread cinq minutes et c'est déjà le chaos. Maintenant tout le monde se calme [censuré]. Évidemment que je vais pas toucher à ça, ces soi-disant pilules-miracle sont à 130$ la pièce. Vous me prenez pour qui, Johnny Cash ?

Thuglyfe4lyfe : c'est pas parce qu'il s'appelait cash qu'il avait beaucoup d'argent ou quoi que ce soit

B3457w4rf4r3 : Évidemment qu'il était riche [censuré], c'est Johnny [censuré] de Cash.

Cosmic_Trashbin : Et qui a eu l'idée géniale de mettre un système de censure ? Cet homme est un [censuré] de débile.

Reedman07 : Avant que ce topic finisse de dégénérer, laissez-moi juste le temps de vous dire que j'ai mis du ruban adhésif sur l'objectif de ma webcam, mais c'est sûrement juste quelqu'un qui voulait mon code de carte bleue ou un truc du genre. Je ferai quelques recherches demain, le soleil s'est levé depuis 3 heures et je suis à cours de boissons énergisantes.

Cosmic_Trashbin : J'en toucherai deux mots aux admins. Le spam n'est pas toléré ici. Faudra aussi que je voie s'ils veulent bien enlever la censure, aussi.
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Plus tard, j'ai reçu un message de HGWishingWells (un des administrateurs) me disant que le pseudo "Revelation616" n'existe pas dans la base de données, et que le seul moyen pour que j'aie reçu ce message était que le client de messagerie ait été forcé. En d'autres termes, quelqu'un a hacké le système juste pour m'envoyer un spam. N'importe quoi.

-Reed


23/10/2014

Finalement, j'ai commencé à chercher "Necrosleep" sur Google. Les résultats étaient principalement des chaînes Youtube sans rapport avec mon problème ou des vieux groupes de screamo des années 90, mais j'ai fini par repérer au milieu de tout ça un lien vers un post sur FastMD.com. On pouvait lire sous le résultat, "quelqu'un sait si le necrosleep marche pour de vrai ?" J'ai donc sélectionné le résultat, pour finir redirigé sur une page d'erreur : "Le message que vous recherchez a été supprimé et n'est plus disponible". J'aurais dû me douter. Ça ne pouvait pas être si simple.

Je suis revenu à la liste des résultats, et j'ai dû passer en revue plusieurs pages avant de tomber sur un vieux topic d'un forum de gaming où le site necrosleep.net était mentionné. Ce coup-ci, le message n'avait pas été supprimé. Au milieu d'une conversation au sujet de comment maximiser les récoltes dans un jeu de stratégie médiéval dont j'ai oublié le nom, un des utilisateurs prétendait avoir consommé du necrosleep afin de prendre soin de ses fermes 24 heures par jour.

Inutile de vous dire que les autres usagers étaient sceptiques. Le membre avait posté un lien vers necrosleep.net pour étayer ses dires, et évidemment échouait à les convaincre puisque -vous l'avez deviné- le site était ouvert à sa seule IP. De plus, il avait reçu le même code d'accès que moi (DCXVI), ce qui me laissait deviner que ce n'était qu'une petite formalité mise en place dans le but que l'invité se sente spécial. Mais ça n'expliquait pas comment ni pourquoi mon IP -et apparemment celles d'autres gens- avait été désignée parmi toutes les autres.

Ce vantard a alors affirmé que son score dans le jeu était la preuve irréfutable qu'il était resté constamment éveillé pendant tout ce temps. Mis en relation avec le temps d'existence de son compte, c'est vrai que son score était excessivement élevé. Si élevé, en fait, qu'il aurait été impossible pour lui de l'atteindre en un laps de temps si court, à moins qu'il ait joué continuellement au moins 21 heures chaque jour, ce qui ne lui laissait pratiquement pas de temps pour dormir.

Malgré ça, les autres avaient attribué sa réussite à un programme automatique qui jouait à sa place durant la nuit. L'usage d'un bot étant considéré comme de la triche, l'utilisateur avait été banni, d'après le message du modérateur à la fin du topic. En-dessous de son avatar, en petites lettres rouges, "Banni pour triche, 12/8/2006".

Je n'ai pas trouvé d'autre résultat pertinent que ce soit pour "Necrosleep" ou "necrosleep.net". On dirait que ces dealers sont particulièrement discrets. Je meurs d'envie de savoir leurs vraies motivations, après tout il y a des tas de manières bien plus subtiles et plus efficaces d'arnaquer les gens sur internet. Ça pourrait être une grosse blague, mais alors elle remonte au moins à 2006. Mais peut-être que certaines blagues ne meurent jamais.

-Reed


25/10/2014

J'ai reçu un autre MP de Revelation616. Est-ce que je suis le seul à être effrayé par ce pseudo ? En sachant ce que je sais maintenant, je me sens mal à l'aise en pensant à tous les moyens que ce type déploie pour me contacter. Pour une raison qui m'échappe, ils infiltrent le système juste pour m'envoyer ces messages et me faire ces "offres". Voici le message que je viens de recevoir :

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De : Revelation616
À : Reedman07
Sujet : necrosleep.net/backdoor

Félicitations, Reedman07. Vous avez été sélectionné pour recevoir un essai gratuit de 30 jours de Necrosleep. Venez réclamer votre cadeau exclusif sur necrosleep.net/backdoor

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necrosleep.net/backdoor
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Une fois de plus, ma curiosité l'a emporté. Je me suis préparé à faire face à une possible arnaque, et j'ai cliqué sur le lien. Je suis tombé sur une page contenant un champ pour entrer mon adresse, et rien d'autre. J'ai pris le temps d'y réfléchir, me disant bien que ces gens pouvaient avoir de mauvaises intentions. Mais si je donnais l'adresse de ma boîte aux lettres, qu'est-ce qu'il pourrait bien m'arriver ? Dans le pire des cas, je recevrais du courrier publicitaire ou des pilules défectueuses. En fait, c'est seulement au moment de recevoir ce qu'ils m'enverraient que je découvrirais ce qu'ils attendaient de moi...

J'ai entré mon adresse.

-Reed


28/10/2014

J'ai décidé de retourner sur le thread que j'avais ouvert sur Nocturnal Underground pour tenir mon monde au courant. Comme vous pouvez vous y attendre, ils ont eu des réactions plutôt amusantes :

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Reedman07 : Eh bien, les gars, ça a recommencé. Regardez ça. [Message2.jpg]

Cosmic_Trashbin : Ne me dis pas que t'as cliqué sur celui-là aussi.

Reedman07 : J'ai cliqué. Puis ça m'a demandé mon adresse. Mais pas de panique, je n'ai mis que ma boîte postale.

Cosmic_Trashbin : [censuré] mais t'es dingue !?

Reedman07 : J'en déduis que tu n'as pas su persuader les admins d'enlever la censure.

Cosmic_Trashbin : Bien deviné Sherlock. Apparemment ça leur fait mal au coeur de nous voir nous [censuré] sur la gueule.

Reedman07 : Je serais même pas surpris que HGWishingWells m'envoie ces messages juste pour attiser la controverse...

HGWishingWells : Moi non plus ;)

Cosmic_Trashbin : Le mystère est résolu. Tout le monde rentre chez lui.

HGWishingWells : Non sérieusement, je n'ai strictement rien à voir là-dedans. Je le jure sur la vie de mon arrière-grand-mère !

Reedman07 : Jurer sur la vie d'une personne déjà morte n'est pas la manière la plus convaincante de prêter serment !

Cosmic_Trashbin : Je crois que la blague est allée trop loin. HG, tu l'as fait ou pas ?

HGWishingWells : Non, réellement, je n'ai rien fait de tel. Les autres admins et moi, on était vraiment perplexes en voyant d'où le message provenait. Ou plutôt, d'où il ne venait pas. En tout cas il ne vient d'aucun utilisateur enregistré.

B3457w4rf4r3 : Et s'ils t'envoient réellement les médocs, tu vas vraiment les essayer ? Je le ferais pas même si on me payait 100.000 balles pour tester cette [censuré]

Cosmic_Trashbin : Personnellement, je te garantis que ce truc est trop beau pour être vrai. Aucune substance ne peut te maintenir éveillé éternellement.

HGWishingWells : J'approuve Cosmic. Reste-en là.

Reedman07 : Même s'ils m'envoient les pilules et que c'est pas juste du courrier publicitaire, j'y toucherai pas sans avoir trouvé un minimum d'infos supplémentaires. Vous me croyez vraiment stupide à ce point? Détendez-vous, les mecs. Je crois que je vais arrêter de parler sur ce thread, donc si vous voulez voir les progrès de mon enquête, gardez un œil sur mon blog. Le lien est dans mon profil.
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Bien, nous avons donc plus ou moins écarté l'hypothèse d'une farce des admins. Je pense pas qu'HG maintiendrait le doute si longtemps. Et même si les autres admins étaient dans le coup, je pense pas qu'ils iraient jusqu'à falsifier un site russe. Tout ça est beaucoup trop étrange.

-Reed


30/10/2014

La nuit dernière, un de mes potes a déposé le courrier devant ma porte (service qu'il me rendait en échange d'un peu d'aide pour le codage d'une animation flash). Je ferais pratiquement n'importe quoi pour éviter de quitter l'immeuble. Mais c'est pas le sujet ; parmi les lettres, il y avait une enveloppe qui ne portait pas l'adresse de l'expéditeur. J'ai tout de suite compris d'où ça venait.

L'enveloppe était vieille. Vraiment vieille, comme si elle avait traîné dans un grenier pendant des dizaines d'années. Je l'ai ouverte, découvrant à l'intérieur une enveloppe plus petite, en kraft, qui avait l'air au moins aussi ancienne. Sur la petite enveloppe étaient inscrits le mot "NECROSLEEP" ainsi que deux lignes d'avertissement : "à conserver dans un endroit frais et sombre pour éviter une dégradation des effets". Ça semblait avoir été tamponné sur l'enveloppe plutôt qu'imprimé.

J'ai ouvert la petite enveloppe, et elle contenait effectivement trente pilules noires, plus grossières que celles qu'on peut trouver à la pharmacie du coin. Avant que vous commenciez à vous inquiéter pour rien, je ne prendrai PAS ces pilules. Du moins, pas avant d'avoir obtenu des informations fiables à leur sujet.

À présent je sais que ces dealers russes ne voulaient pas m'envoyer des prospectus. Cela dit, on peut se demander pourquoi ils m'enverraient le médoc gratuitement alors qu'il ne marche pas. Ils veulent sûrement que je finisse par les payer, et ils ne peuvent pas espérer que je les paye si je suis déçu par l'échantillon. Et s'ils essayaient de me tuer ? J'ai jamais été très en confiance avec tout ça. Mais ma curiosité finira par avoir raison de moi.

-Reed


31/10/2014

Je viens juste de remarquer qu'il y a un point que j'ai totalement oublié d'éclaircir. Je n'ai pas encore fait de recherches sur Hail A. Stan, le docteur dont il y avait une photo sur necrosleep.net. J'ai donc fait une recherche rapide sur Google, pour découvrir -à ma surprise- qu'il avait son propre article sur Wikipédia.

L'article disait que le docteur Stan était un scientifique et physicien ukrainien qui prétendait avoir été directement impliqué dans certaines expériences décrites dans un document des années 1940. Le film vantait les mérites d'un laboratoire soviétique travaillant sur la "résurrection d'organismes cliniquement morts". Voici un extrait de l'article :

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Le film "Expériences sur la Résurrection des Organismes" décrivait diverses manipulations médicales dérangeantes impliquant des canidés. L'une d'entre elles consistait à maintenir en vie la tête décapitée d'un chien grâce à une machinerie rudimentaire qui l'alimentait en sang oxygéné.





Les opérations exécutées dans le film sont attribuées au docteur Sergei Brukhonenko. Cependant, le docteur Hail A. Stan n'a cessé de répéter que c'était lui qui avait conduit ces expériences et conçu la pompe à sang utilisée dans l'expérience du chien décapité ; Brukhonenko étant le seul crédité, car Stan était condamné à la prison à vie pour avoir conduit des expériences illégales sur des sujets humains. Il pensait qu'ayant obtenu l'accord de ses cobayes (par la voie de la corruption, certes), il n'avait commis aucune abjection morale.

Le Prix Lénine fut attribué à Sergei Brukhonenko pour la pompe à sang, tandis que Stan était emprisonné à vie. Ce n'est qu'après qu'on ait découvert les preuves filmiques de ses expériences morbides qu'il fut décidé de l'exécuter par injection létale. Ses derniers mots, articulés dans un langage inconnu, restent un mystère.

On dit que le docteur Hail A. Stan avait conduit des expériences pionnières dans la guérison de quelques maladies supposées incurables, telles que la narcolepsie ou l'épilepsie, bien que les résultats n'aient fait l'objet d'aucune publication ; c'est pourquoi la plupart de ses réalisations présumées demeurent invérifiables, et pour certains de nature occulte. Le nombre de personnes apparemment guéries par ses traitements s'élèverait à plusieurs milliers entre 1930 et 1940. Les tentatives ultérieures d'application des rares traitements de son fait qui soient liés à une bibliographie tangible échouaient invariablement, menant beaucoup de ses confrères à considérer son travail comme une pseudo-science.

Certains pensent que Hail A. Stan a aujourd'hui un successeur, et que ses cures miraculeuses sont toujours pratiquées en Ukraine et en Russie et vendues dans le monde entier. Plusieurs personnes ont prétendu recevoir d'étranges mails et offres concernant le travail du docteur ; aucune enquête n'a pu apporter de preuve à ces affirmations.
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J'admets que certains des faits décrits me troublent un peu. Des expériences morbides sur sujet humain ne sont pas précisément plaisantes à s'imaginer. Mais il me semble que cet homme ne faisait que ce qu'il jugeait nécessaire pour faire avancer la connaissance. Peut-être qu'il était vraiment sur le point d'arriver à quelque chose d'important. Peut-être que ses traitements ne pouvaient pas être reproduits justement parce qu'ils étaient trop en avance sur leur temps. Je ne sais pas. Tout ce que je sais, c'est que j'ai reçu une des offres dont l'article précise bien qu'elles n'existent pas.

Peut-être que j'ai réellement été sélectionné pour recevoir un cadeau trop précieux pour être livré aux masses. Peut-être qu'ils pensaient très sérieusement que ça pourrait changer ma vie.

-Reed


1/11/2014

J'ai la pilule dans la main, j'attends le bon moment pour la prendre. J'y ai mûrement réfléchi. Je sais très bien que ce n'est pas très prudent, mais j'ai le goût du risque. Au pire, si ça tourne mal, j'ai pas grand-chose à perdre. La vie n'est rien sans un peu de danger, et plus que tout, je veux connaître le but de ces gens. J'ai besoin de savoir ce qu'ils veulent me faire. J'ai besoin de savoir ce que j'ai manqué.

Il n'y a qu'un moyen de le découvrir.

-Reed


3/11/2014

J'arrive pas à le croire. Ça marche vraiment. J'ai pas dormi depuis 3 jours et je ne me sens même pas fatigué. Bon dieu ! De toute ma vie je m'étais jamais senti aussi lucide et aussi vif. Je sais pas ce qu'ils ont mis là-dedans, mais ÇA MARCHE. Je sais pas combien de temps exactement ça va faire effet, j'essaie de ne pas m'emballer. Mais ce qui est sûr, c'est que je n'aurai plus jamais besoin de dormir. Plus jamais.

Jusqu'ici, tout baigne.

-Reed


4/11/2014

Après 4 jours ça continue de marcher parfaitement. Mais, récemment, la lumière a vraiment commencé à m'ennuyer, alors j'ai scotché des morceaux de carton sur les vitres. Je n'avais jamais aimé cette fenêtre de toutes façons. La nuit, j'ai cette impression bizarre que quelqu'un me regarde de l'extérieur, et ça me rend plus anxieux que d'habitude. On s'imagine facilement voir quelque chose d'inconnu apparaître par la fenêtre, jusqu'à ce qu'on se rende compte que c'est juste notre imagination qui fait sa soupe en fixant la vitre. Mais peu importe, le problème est réglé maintenant.

J'ai aussi remarqué quelque chose d'intéressant en prenant ma pilule du soir. Jusqu'à il y a peu, je n'avais pas vu ce symbole tamponné à l'intérieur de l'enveloppe de kraft. Oui, à l'intérieur. Je suis sûr d'avoir déjà vu ce symbole quelque part, mais j'arrive pas à me rappeler où. C'est une croix dont une des branches est prolongée par une sorte de crosse recourbée. Peut-être qu'ils avaient juste réutilisé une vieille enveloppe en la retournant, ou un truc du genre.

-Reed


5/11/2014

Merci à un de mes lecteurs qui m'a signalé quelque chose que je n'avais pas compris ; oui, le symbole imprimé dans l'enveloppe était un symbole satanique... Je me sens bête. Inutile de vous dire que je ne touche plus à cette merde. Ce genre de choses m'effraie vraiment. J'en ai assez vu. J'aurais aimé voir ce commentaire avant de prendre ma pilule ce soir, mais j'arrête dès demain. Je veux dire, ça n'a pas pu me faire déjà tant de mal, et je me sens bien, je suis juste un peu stressé par tout ça. C'est juste un symbole, sûrement une erreur d'impression. Mais dites-vous bien ça : je fricote pas avec les démons. On se verra en enfer, pas de raison de se presser.

-Reed


6/11/2014

Durant cette semaine, j'avais pris une pilule noire chaque soir à 22 heures. Je prévoyais d'arrêter ce soir-là, mais aux alentours de 22h30, j'ai commencé à avoir d'horribles migraines, et ça a empiré depuis. Je pensais que c'était juste le fait de se réadapter à la vie sans Necrosleep, alors j'ai attendu une heure de plus, et puis j'ai craqué. J'ai pris une autre pilule.

Je sais que j'aurais pu arrêter si je l'avais vraiment voulu, mais je commence à me dire qu'il n'y a pas vraiment de raison de le faire. Je veux dire, je n'ai plus besoin de dormir, je suis plus vif que jamais, je devrais juste me calmer un bon coup et cesser d'avoir des réactions irrationnelles.

-Reed


9/11/2014

J'ai dû trouver un moyen de tuer tout le temps libre que j'ai maintenant que je ne dors plus. Je me suis fait 5000 balles en une seule journée de transactions virtuelles ; ça n'inclut pas mes parties de poker en ligne des derniers jours qui crèvent carrément le plafond. Je me suis mis soudainement à avoir cette habileté naturelle avec les chiffres que je n'avais jamais eue avant. J'avais toujours vécu dans l'abrutissement jusqu'à maintenant... Ils avaient raison. Ce truc est vraiment en train de changer ma vie.

-Reed


11/11/2014

Voici une anecdote plutôt étrange pour vous, les gars. J'étais assis sur mon canapé, en train de réfléchir à mes affaires, quand j'ai aperçu deux yeux brillants qui me regardaient depuis le coin de la pièce. Ça ne m'a même pas fait réagir, j'ai pensé que c'était juste Brindille qui rôdait. On voit les yeux d'un chat dans le noir au moindre rai de lumière, qu'est-ce que ça aurait pu être d'autre ? J'ai détourné les yeux, et au même moment, je l'ai sentie. Brindille qui se blottissait contre moi.

J'ai de nouveau regardé dans l'angle : ces petits yeux brillants continuaient de me fixer alors que Brindille était clairement à côté de moi. J'ai cligné des yeux, et ils étaient partis. Ça va mal, mon dieu. Ça devait être dans ma tête. Pourtant je m'en souviens très clairement. En y repensant, j'aurais dû savoir depuis le début que c'était pas Brindille. Les yeux des chats ne brillent pas en rouge.

Enfin bon, espérons que c'était juste une petite hallucination. Et puis après tout, qu'est-ce que ça pourrait être d'autre ?

-Reed


12/11/2014

Je vais bientôt être à cours de nourriture. Évidemment, je pourrais aller faire les courses moi-même, mais... cette pensée m'effraie. L'idée de quitter la sécurité de mon appartement - l'idée d'avoir des interactions sociales - je la redoute plus que jamais. J'ai toujours préféré rester à l'intérieur que sortir, mais j'en avais jamais été autant terrifié. Je n'étais pas angoissé à ce point avant.

Aucun des amis que je fréquente par messagerie instantanée n'a été en ligne récemment, et ils ont arrêté de laisser des commentaires sur mon blog. Qui ira me chercher à manger ? Et si j'étais forcé de sortir ? Je devrais pas paniquer comme ça, honnêtement. C'est stupide. Arrête de psychoter, andouille. Arrête de psychoter, andouille. Arrête de psychoter, andouille.

-Reed


13/11/2014

Mon ami Jake est passé sur mon service de messagerie. Ça a été un soulagement de parler à quelqu'un, jusqu'à ce qu'il en vienne à dire : "je refuserai de t'apporter ta bouffe jusqu'à ce que tu acceptes de sortir de ton trou." Voilà ce qu'il me proposait, me traîner dehors et sortir en boîte avec les autres en échange d'un peu d'aide. J'ai refusé.

Il s'inquiétait pour ma santé, apparemment. Je peux pas lui reprocher de penser que je suis en train de devenir une espèce d'ermite condamné à mourir seul dans son taudis, mais il ne comprend pas. Personne ne comprend. Au pire je suis presque sûr de pouvoir tenir au moins jusqu'à Thanksgiving avec ce qui me reste, du moment que j'essaie de me restreindre.

-Reed


15/11/2014

Je dois vous faire part d'une autre expérience étrange que j'ai eue hier. J'avais laissé ma télé allumée jusqu'à très tard, car le silence m'irrite. Il y avait ce show pour enfants, Bucko's Garden, vous savez, ce show qu'on regardait tous en étant gamin jusqu'à être assez mature pour comprendre à quel point c'est stupide et dénué de sens. C'était ça qui me servait de fond sonore, émis depuis l'angle de la pièce par ma vieille télé. En fin de compte, faute de mieux, ça me distrayait.

Ça devait être l'épisode de Thanksgiving, sachant que Bucko (un type déguisé en cerf avec un visage humain) était dans sa cuisine à préparer des patates douces et des canneberges. C'était dans la moyenne des épisodes de la série. Ça a commencé à devenir un peu plus bizarre quand il a décidé de laisser les canneberges (des enfants dans des costumes représentant le fruit) aller dans le jardin à la dernière minute, comme s'il relâchait des insectes qu'il avait capturés. Les patates douces n'avaient pas eu cette chance.

Bucko a alors envoyé ses amis oiseaux récupérer une tourte à la citrouille sur l'arbre à tourtes, et ses amis écureuils traire de la sauce de viande de la vache à sauce, qui, dans le même temps, régurgitait de la purée. Je vous avais bien dit que cette émission était bizarre, mais ce n'est que le début.

J'avais pas réalisé que quelque chose n'allait pas avant que Bucko sorte un couteau - un vrai couteau de tueur, tranchant comme un rasoir, du genre qu'on ne s'attend pas à voir dans une émission pour les tout-petits. De sa main libre, il a ouvert la porte du four, et il a sorti le plat qui cuisait. Pas un jambon, ni une dinde.

Un fœtus humain. Rôti.

Sainte mère de Dieu.

J'arrivais même pas à croire ce que je voyais. Comment un truc pareil avait pu être autorisé à passer à la télé ? Est-ce que mes yeux me trompaient ? Je ne sais pas, mais j'ai éteint le poste au moment où il commençait à découper sa pièce de viande. C'était trop loin dans le gore, même pour moi.

Je suis toujours en train de me demander si j'ai vraiment vu ce que j'ai vu. Je pouvais pas être en train de rêver, je ne me suis même pas assoupi une fois en 15 jours. Je... je sais même pas. Il doit y avoir quelque chose qui va pas avec moi. J'ai oublié le mot de passe de mon PC, même après que je l'aie changé et que je l'aie écrit quelque part et j'ai oublié où je l'ai écrit et j'ai écrit quelque part j'ai oublié

J'arrive même plus à penser clairement.

-Reed


18/11/2014

Je vais pas vous mentir. Je suis terrifié au plus profond de moi, là.

J'étais allé à la salle de bains dans l'idée de prendre ma première douche depuis des semaines. Je n'imaginais pas qu'en ouvrant la porte je découvrirais autre chose que mon propre reflet dans le miroir.

Au lieu de ça, j'ai vu cette chose. Derrière moi, droite comme un I. Complètement immobile. J'étais tétanisé, plus effrayé que je l'avais jamais été dans toute ma vie. Vous ne connaissez pas la vraie peur. Vous n'avez pas idée. Je le revois encore, gravé dans ma mémoire. Ce visage. C'était... démoniaque.

Il a disparu aussi vite qu'il était apparu.

J'aimerais dire que je me faisais encore des idées, mais ça semblait vraiment trop réel. Je retourne pas dans cette salle de bains. Je me contenterai du lavabo. Je peux pas supporter ça. Je crois que ces pilules sont en train de me miner le cerveau. Faut que j'arrête. Faut que j'arrête ça tout de suite. Je ne me sens même plus en sécurité dans mon propre appartement. J'ai l'impression que les ombres me regardent.

-Reed


20/11/2014

J'ai encore essayé d'arrêter le Necrosleep, mais j'ai eu un brusque changement d'avis à la dernière minute. Quelque chose m'a dit que je ne devais pas. Comme une voix dans ma tête. J'ai eu l'impression que j'allais faire quelque chose de mal et que ma vie s'effondrerait si je tentais encore. Je pense pas que ça soit normal, la vie que je mène, mais je peux pas imaginer quelque chose de mieux pour moi. J'ose même pas penser à m'exposer à la lumière du jour, ni même la lumière de la lune pour ça.

Tous mes contacts de messagerie instantanée sont restés hors ligne depuis que j'ai parlé à Jake, et je sais pas si je pourrai tenir encore une semaine de plus avec ce qu'il me reste de provisions. Brindille commence à maigrir depuis qu'elle partage ses croquettes avec moi, mais ça ira, du moment que quelqu'un vient pour Thanksgiving. En parlant de ça, personne ne m'a invité pour le repas de Thanksgiving, pas même ma famille. Mais ça va, je hais mes parents de toutes façons. Qu'ils aillent chier.

-Reed


22/11/2014

Les voix dans ma tête se font nombreuses. Elles sont horribles. Je sais plus quoi faire. Est-ce que c'est un effet secondaire ou un truc du genre ? Par moments, j'arrive même plus à m'entendre penser, comme si je perdais le contrôle sur mes propres idées. Et ce sont des pensées si sombres... ça me ressemble pas de m'imaginer des trucs de ce genre. Je ferais de mal à personne, je suis pas ce genre de mec...

J'ai essayé de retourner sur necrosleep.net pour voir si j'avais pas loupé quelque chose au sujet de possibles effets secondaires, et j'ai vu que le nom de domaine n'était plus utilisé. Le site avait été fermé.

Je sais vraiment plus où j'en suis. Je commence à avoir vraiment peur de ce que je suis en train de devenir.

-Reed


24/11/2014

Toc-toc. J'ai demandé qui c'était, criant à travers la vieille porte pleine de courants d'air. C'était Jake et Douglas, mes "amis". Apparemment, ils étaient venus m'aider après avoir lu mes messages de détresse sur le blog. Mais évidemment, c'était à la seule condition que j'accepte de leur ouvrir la porte et que je sorte pour les voir. Suspect.

Qu'est-ce qui me prouve que je peux leur faire confiance ? Je sais bien que ça fait des années que je le fais, mais, et s'ils avaient eu cette patience de gagner toute ma confiance juste pour faire passer de mauvaises intentions après ? Et si la bouffe qu'ils m'apportaient était droguée ? Et si on me poignardait au moment où j'ouvre la porte ? J'ai compris qu'il n'y avait aucune vraie preuve que je pouvais croire en eux, je ne peux même plus croire en moi-même. Je sais même pas qui je suis. Peut-être que j'ai toujours été un monstre sadique et que je l'avais jamais su avant. Mon vrai moi est peut-être enfin en train de sortir.

-Reed


25/11/2014

Les voix ne veulent pas s'arrêter. Je croyais qu'elles étaient malveillantes, mais je ne suis plus sûr. Des fois, j'ai l'impression qu'elles font tout pour me libérer. Elles cherchent désespérément à se faire entendre. Elles me montrent des choses, des choses horribles, et après qu'elles me les aient montrées, elles ne me semblent plus si horribles. Je suis apathique. Je ne ressens plus rien.

Je sais qu'il y a une chose que je peux faire pour ressentir à nouveau. Une partie de moi dit que c'est mal. Mais les voix affirment le contraire.

Les voix sont mes amies maintenant.

Les démons sont mes amis.

-Reed


26/11/2014

Brindille est au paradis maintenant. Je devais le faire. Je devais savoir quel goût ça a. Je m'en suis satisfait un temps, mais il m'en faut plus. Je croyais que je quitterais plus jamais cet appart, mais je n'ai plus le choix maintenant. J'en veux plus. Le visage s'énerve. Les voix s'énervent. Mon cœur me fait tellement mal. Il m'en faut plus. Ça fait si mal. Il m'en faut plus. Ils me font du mal. Je dois leur en donner plus. Ils en veulent plus. Il m'en faut plus. Il faut que ça s'arrête. Il m'en faut plus IL M'EN FAUT PLUS

FAUT QUE CA S4ARRETE



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Rapport de police, partie 1 - Thanksgiving - 27/11/2014

Victime : Paul Murdock

Agresseur : Reed Murdock

La police est arrivée sur les lieux après un appel frénétique de Margaret Murdock (mère de l'agresseur). La victime (père de l'agresseur) a été trouvée en train d'être mutilée et soumise à des actes de cannibalisme par l'agresseur.

Celui-ci a été abattu après avoir répondu négativement aux sommations tandis qu'il continuait de manger son propre père, dont le crâne était entièrement ouvert. L'usage de drogue est suspecté chez l'agresseur.

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Rapport de police, partie 2 - 29/11/2014

Le domicile de Reed Murdock a fait l'objet d'un examen minutieux par les enquêteurs. La carcasse d'un chat, sans poils, décapité et éventré se trouvait sur le plan de travail de la cuisine. Le sang et les fluides corporels du chat étaient répandus dans tout l'appartement, tandis que la tête, totalement écrasée, avait été séparée de son cerveau (lequel n'a pas été retrouvé sur les lieux).

L'appartement était habité par une personne dont l'esprit a très clairement défailli, au vu de l'aspect nauséabond et malsain de l'endroit. Un vieux téléviseur se trouvait dans un angle de la pièce à vivre, allumé, mais ne diffusait que de la neige. L'antenne était absente.

Un paquet suspect de pilules non identifiées a été trouvé sur les lieux. L'ordinateur du résident ainsi que certains de ses effets personnels ont été emportés pour une analyse plus poussée.

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Rapport d'autopsie - 4/12/2014

Sujet : Reed Murdock

Le contenu du tractus digestif de Reed Murdock était un mélange répugnant de tissus humains, principalement tissu nerveux et liquide spinal. L'examen du cerveau lui-même, cependant, a montré des choses beaucoup plus étranges.

Le système nerveux était très visiblement en cours de dégénérescence ; le tissu nerveux apparaissait noir et rouge plutôt que de l'habituelle teinte gris rosé, et était criblé de nombreux trous. Un examen plus minutieux a permis de repérer des milliers de petits parasites noirs fixés à la surface de l'encéphale. Ils seraient la cause de l'état psychologique de l'homme au moment des faits.

Les tests pratiqués sur les parasites sont non-concluants, ils ne correspondent à aucune espèce connue. Des études plus poussées sont requises.

Les pilules trouvées au domicile de Reed Murdock ont fait l'objet de tests et se trouvaient contenir une pléthore de substances rares, parmi lesquelles des euphorisants hautement addictifs, des hormones humaines, et les œufs de parasites, qu'on présume destinés à demeurer en diapause dans un lieu frais et sec jusqu'à leur introduction dans l'hôte, où ils peuvent éclore et finalement envahir le système nerveux. Il nous est pour l'instant impossible de savoir d'où viennent les pilules et comment le meurtrier les a obtenues ; on peut toutefois présupposer que la personne qui les a produites avait de mauvaises intentions.

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Rapport de police, partie 3 - 6/12/2014

Deux amis proches de Reed Murdock - Jake Fairfax et Douglas Lopez - ont été interrogés au poste de police. Ils ont vite fait allusion à son blog, où il a retracé de jour en jour le chemin qui l'a conduit à la folie. Il se trouve que le blog avait mystérieusement disparu d'internet pour des raisons inconnues.

Ils savaient pour les pilules étranges que leur ami consommait, et prétendaient qu'il les avait obtenues via le site necrosleep.net.

Les enquêteurs ont confirmé peu après que necrosleep.net n'existait pas.

Le bébé est bleu (The baby is blue)

Opérateur du 999 : “999, quel service d'urgence ?"



Opérateur : “Allô ? Quel service avez-vous besoin de contacter ?"

Appelant : “Le bébé..."

“Le bébé ?”

“Le bébé est bleu.”

“Quel service souhaitez-vous contacter, monsieur ?”

“Tous ont été desservis.”

“Pouvez-vous répéter ça ?”

“Il n'est pas responsable.”

“Pouvez-vous me dire où vous vous trouvez ?”

“Il est dedans. Là où il m'attendait.”

“Monsieur, j'ai besoin que vous me donniez votre position actuelle.”

“À l'intérieur !”

“Où êtes-vous à l'intérieur ? Vous avez dit que le bébé était bleu, est-ce qu'il respire ?"

“Le pauvre petit... Si bleu, tellement de bleu.” -commence à fredonner doucement-

“J'ai besoin que vous vous concentriez, monsieur, êtes-vous avec le bébé en ce moment ?”

“Il me sourit, son regard est si profond. Il n'arrêtera pas de m'observer.” -recommence à fredonner-

“Monsieur, vous devez vérifier si ses voies respiratoires ne sont pas obstruées. Sur quelle partie du corps voyez-vous la coloration bleue ?"

“Le bleu l'a consumé…”

“Je peux vous envoyer une ambulance, mais j'ai besoin de connaître votre position et l'état du bébé."

"Je voulais seulement le dire à quelqu'un. Avant que je n'oublie ce que je m'apprête à faire. Ça ne m'aurait pas arrêté, je devais le faire. Je suis irrité et la plaie suinte, je peux rectifier ça, le bébé est mon sauveur. Ils savent ce que je fais, ils n'en parleront pas."

“J'ai besoin que vous vous décontractiez. Est-ce qu'il y a quelqu'un avec vous pour me dire ce qu'il se passe ?"

“Juste le bébé, le petit bébé tout bleu. Bébé bleu est en bas, et profondément. Ce sourire... Il me donne le vertige."

"Dites-moi où vous êtes, monsieur. J'ai besoin que vous vous concentriez."

“Je suis finalement à la maison, la maison au milieu les arbres, au pied de la colline de Ness Point. Je veux que vous voyiez le bébé. Il a un si large sourire. Il doit avoir faim, mais il est entièrement bleu maintenant. Avec quoi je peux le nourrir ? Ness point. Ness point."

"Ness Point ? Monsieur, il n'y a pas de réseau dans cette zone. Vous appelez d'un téléphone mobile. Où vous situez-vous exactement à Ness Point ?

“Tout s'est réchauffé à présent, le ciel nocturne projette une si jolie réflexion bleutée sur la surface de l'étang. Je peux voir mon reflet, aussi clair que du cristal... Du cristal étincelant et brillant."

“Le bébé est dans l'étang ? Est-ce que c'est pour ça qu'il est bleu ? Est-ce que le bébé bouge ? Pourquoi le bébé est dans l'eau ? Monsieur, j'ai besoin que vous m'expliquiez très précisément ce qu'il se passe. Les interférences ont l'air d'empirer.”

“Il n'y a rien de plus énervant que la famille..."

“Monsieur ? Monsieur... Quel était ce bruit ? Est-ce que le bébé pleure ? Les interférences rendent la communication difficile."

"Rien de plus énervant que la famille..."

-Appel interrompu-

L'homme-Bouc d'Anansi

Récupéré sur /x/ le 28 septembre 2012, 1:31 (heure de New York).
Partiellement réécrit pour améliorer la grammaire et la fluidité.

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Voilà mon histoire

>16 ans
>noir, ai de la famille en Alabama
>sont fermiers, possèdent des terres du côté d'Huntsville
>mon oncle a une grande maison et plusieurs caravanes dans les bois pour le camping ou la chasse
>des cousins me proposent d'aller camper là-bas
>ils savent que je suis un gars de la ville et que j'ai grandi à Chicago
>ils me teasent pendant des mois
>on rassemble des vivres, on tue un cochon et quelques poulets, on prend le nécessaire pour quelques jours
>on arrive au camp et on sent qu'il y a un truc bizarre
>odeur bizarre dans l'air, un peu comme de l'ozone, comme juste avant une tempête
>on y fait pas attention, on dépose nos affaires et on va se baigner dans un torrent
>un vieux mec blanc et un ado sortent des buissons sans prévenir
>il a un fusil sous le bras, il nous salue, il demande ce qu'on fait si loin dans les bois
>je lui parle de mon oncle, il le connait, je lui dis qu'on campe pas loin
>il nous dit qu'il vaut mieux être très prudent et rester groupés dans ce coin, un gros animal vit dans les bois
>son fils, qui a mon âge, lui demande s'il peut rester avec nous
>il approuve

Je vais arrêter ici avec cette mise en forme, l'histoire est assez longue et j'ai moins de mal à écrire comme ça.

Donc, la rencontre a débouché sur une partie de foot. Avec moi, il y avait l'ado blanc (Tanner), cinq de mes cousins, et puis quatre amis à eux. Au total, on était cinq filles et six mecs. On avait tous entre 15 et 17 ans.

À la fin on s'ennuyait un peu alors on a décidé de rentrer au camp et de ramener de quoi faire un feu, même si les deux caravanes avaient chacune une kitchenette. Tanner nous a dit que la propriété de sa famille était juste à côté de celle de mon oncle, il a annoncé qu'il passait chez son père pour le prévenir qu'il restait camper avec nous. Un de mes cousins, Rooster, s'est alors proposé de l'accompagner car il commençait à faire nuit. Une des filles les a suivis aussi.

Il était 19 heures et il faisait déjà assez sombre. Ils ont pris des lampes torches avant de s'engager sur le sentier vers la maison de Tan. Nous, on frissonnait autour du feu. On s'est fait griller des marshmallows, on a bu, on a flirté avec les filles.

30 ou 40 minutes après, l'odeur d'ozone est revenue. Je pouvais la sentir par-dessus celle du feu qui brûlait juste à côté. C'était persistant, cuivré, comme quand vous saignez du nez, et puis ça s'est arrêté soudainement. Ce n'était pas exactement comme du sang séché, mais c'était le même genre d'odeur métallique qui vous reste au fond de la gorge.

On a d'abord pensé que ça venait d'un appareil électrique, ou que quelqu'un avait laissé une plaque chauffante allumée. Donc, on a cherché dans les caravanes d'où ça pouvait venir, mais aucun appareil n'était allumé, malgré l'odeur persistante. C'est là qu'on a entendu des gens se ruer vers nous. C'était Rooster, Tan et la fille qui arrivaient dans la clairière, complètement à bout de souffle. Et ils n'ont même pas arrêté leur course - ils se sont directement précipités dans la caravane, près du feu.

On s'est tous rassemblés à l'intérieur. On leur a laissé un moment pour se calmer - Rooster avait l'air à deux doigts de pleurer. Pendant ce temps, le feu n'arrêtait pas de décliner, alors deux de mes cousins ont décidé d'aller allumer le générateur qui se trouvait dans le cabanon entre les deux caravanes.

Tanner s'y est opposé. "Vous faites pas ça ! On verrouille la porte, personne ne sort !" Il avait pleuré lui aussi, ses yeux étaient rouges et son pantalon était sale.

Il nous a raconté ce qui s'était passé. Ils sont arrivés chez lui, et son père était d'accord pour qu'il passe la nuit avec nous, mais en leur recommandant d'être très prudents sur le chemin du retour et en leur proposant de prendre un de ses fusils de chasse, juste au cas où.

C'était qu'ils avaient vu quelque chose sur leurs terres il y a quelques jours. Un de leurs porcs avait été retrouvé éventré et à moitié dévoré. Ils avaient supposé que c'était le fait des coyotes ou d'un cougar, même s'ils n'ont pas l'habitude de s'attaquer au bétail.

Tanner est monté dans sa chambre pour récupérer ses affaires, disant à son père qu'il se passerait du fusil car les coyotes évitent les gens normalement. Lui et les autres se sont donc remis en route vers les caravanes.

Rooster avait fini par arrêter de trembler et de pleurer. La fille aussi : elle se contentait de regarder par la fenêtre avec un air ahuri. D'après lui, ils étaient à mi-chemin quand ils ont commencé à entendre des trucs bizarres dans la forêt. Il faisait presque noir, donc ils n'étaient pas sûrs de ce que c'était. C'est là que la fille a entendu du mouvement dans les buissons à l'écart du sentier. Ils ont tous dirigé leurs lampes en direction du bruit, pour révéler un homme, se tenant droit dans une petite dépression. Ils lui ont crié dessus, lui ont dit qu'il leur avait fait peur, que c'était un crétin.

Rooster a alors réalisé que l'homme leur tournait le dos. Ils ont donc repris leur marche. C'est à ce moment-là que l'odeur cuivrée d'ozone est revenue. Un peu plus loin, en regardant autour d'eux, ils ont encore aperçu un homme debout dans le faisceau de leurs lampes - toujours le dos tourné, mais cette fois, un peu plus près du chemin.

Ils ont commencé à sérieusement presser le pas, Tanner n'arrêtait pas de jurer, "j'aurais dû prendre ce putain de fusil".

L'odeur était encore forte dans la cabane au moment où ils nous racontaient ça.

Rooster a repris. Au moment où le groupe a commencé à presser le pas, des sortes de chuchotements lents ont commencé à se faire entendre des deux côtés du chemin. Alors qu'ils commençaient à prévoir de retourner dans la caravane, la fille a dit qu'en jetant un œil avec sa lampe de poche, elle avait vu quelque chose en train de se branler dans les bois. Les chuchotements devenaient de plus en plus forts, et quand ils ont pu voir la lumière du feu de camp, quelque chose est sorti des bois à une trentaine de mètres derrière eux, sur le chemin, et ils ont couru aussi vite qu'ils le pouvaient jusqu'à la caravane.

Donc on en était là, perdus au milieu des bois, et à ce stade on se disait que ça devait être des bouseux ou un truc dans le genre, qui voulaient nous faire chier.

Tout à coup, mon autre cousin, Junior, a commencé à raconter que quand il était à l'école, un gosse des amérindiens du coin lui avait parlé de la légende de l'homme-bouc ou un truc du genre. On lui a rapidement dit de fermer sa gueule parce qu'on n'avait pas besoin de parler de trucs qui font peur.

Mais il continuait à nous décrire comment était ce putain d'homme-bouc, et qu'on était dans sa forêt, il arrêtait plus. À l'époque, je n'avais jamais entendu parler de cet homme-bouc, mais quelques années plus tard - l'année où j'ai reçu mon diplôme - j'ai eu une longue discussion avec mon coloc qui était d'origine Menom (une tribu amérindienne) et qui en savait un rayon question légendes locales. Pour résumer, c'est un mec avec une tête de bouc et il peut se métamorphoser. Il s'introduit dans des groupes de gens pour les terroriser. Il est dit aussi que c'est un peu comme un Wendigo, rien que le fait d'en parler porterait malheur, et encore pire si vous le voyez.

Gardez à l'esprit que je n'en savais rien quand j'avais 16 ans. Alors mon cousin disait : "L'homme-bouc va nous choper et nous massacrer." Les filles étaient terrifiées et mes cousins et moi essayions de savoir si c'était pas juste un péquenaud ou un animal.

Quelques secondes plus tard, l'odeur a disparu. À ce jour, je n'ai jamais rien vécu de pareil. Normalement, une odeur s'estompe progressivement. Là, elle a cessé d'être d'un coup sans prévenir.

Une heure après (21h ou 22h je dirais) on a arrêté de flipper et on a pu sortir pour alimenter le feu. On a pensé que ça devait être des connards qui essayaient de nous faire peur, donc on a choisi de pas rentrer à la maison, parce que je pense que si on l'avait fait, ils nous auraient pourchassés à travers les bois ou un truc dans le même genre.

Rien d'autre de bizarre ne s'est passé cette nuit. On est restés une nuit de plus mais rien ne s'est produit non plus, du moins jusqu'à 1 heure du matin environ. On était dehors en train de boire et de se raconter des histoires de fantômes. Alors que l'un de nous finissait une histoire - je me souviens plus de quoi elle parlait - l'odeur est revenue. Elle était tellement forte qu'une des filles en a dégueulé.

Je me suis levé et je me suis rendu compte à quel point l'air était froid. J'ai proposé qu'on retourne à l'intérieur, mais au fond de moi je savais que c'était pas la bonne solution. On aurait juste dû se barrer.

On est donc tous rentrés, hébétés. Junior se remettait à raconter des trucs sur l'homme-bouc, Rooster essayait de le faire taire, et moi je sentais juste que quelque chose allait pas, mais j'arrivais pas à dire quoi.

On a fini par s'asseoir et attendre pendant quelques temps ; l'odeur était tellement forte, on était tous tellement terrifiés qu'on s'est blottis les uns contre les autres. On a fini par cuire des saucisses pour tout le monde parce que personne ne voulait sortir. C'était ces paquets avec 4 saucisses. On avait en tout 3 paquets. Je les ai faites griller sur la poêle et j'ai donné un hot dog à chacun. J'ai pris le mien. Après un temps, l'un de mes cousins s'est levé pour en prendre un autre.

Il commençait à râler en demandant pourquoi j'avais le droit d'avoir 2 saucisses alors que les autres n'en avaient qu'une, et je l'ai regardé en me disant "mais qu'il est con". Je lui ai dit que tout le monde n'en a eu qu'une parce qu'il n'y avait que 12 saucisses. S'il en voulait d'autres, il avait qu'à ouvrir un nouveau paquet et en faire cuire d'autres.

C'est à ce moment là que la fille qui était allée avec Rooster et Tan a commencé à hurler "Oh mon Dieu, faites-le sortir !". Elle pleurait et tremblait, et mon cousin est allé vers elle en lui disant "putain meuf qu'est-ce qui se passe ?". On a tous les deux regardé partout dans la pièce, et là, j'ai senti mon cœur lâcher. On a couru comme des dingues en dehors et la fille nous a suivis. La porte de la caravane claquait contre le bord à chaque fois que quelqu'un en sortait.

Un des amis de mon cousin nous a demandés ce qui se passait. J'ai alors compté combien on était. On n'était plus que 11.



"Je raconte pas de la merde" a confirmé mon cousin. Il y avait douze personnes dans la caravane mais vu qu'on se connaissait pas très bien, personne n'avait vraiment remarqué qu'il y avait une personne en trop pendant tout ce putain de temps. Et puis j'ai réalisé que j'avais déjà plus ou moins remarqué que quelque chose n'allait pas. Vous voyez, quand vous essayez tellement d'avoir du bon temps que vous faites plus vraiment attention aux petits détails bizarres ? Je jurerais sur ma tête que quelqu'un d'autre était avec nous dans la caravane et qu'il est resté avec nous pendant au moins une putain de journée, à manger avec nous. Le pire dans tout ça, c'est que je pourrais pas savoir qui c'était puisque je pense que personne n'a interagi avec l'autre personne/l'homme-bouc.

La fille restait là à prier Jésus pendant qu'on était assis en rond dehors ; finalement, on s'est équipés de putain de longs bâtons et on est revenus dans la cabane, mais il n'y avait personne. On a de nouveau compté et on était 11. On est retournés dans la caravane et on a verrouillé la porte. On a expliqué le merdier qui s'est passé et la fille nous a dit qu'elle l'avait aussi compris mais au moment où elle allait en parler, juste avant notre moment de panique générale, la personne qui était assise à côté d'elle a empoigné sa jambe et s'est penchée vers elle en lui disant quelque chose qu'elle n'a pas pu comprendre.

Donc, on était tous secoués au point de se serrer les uns contre les autres, et c'est après que je me suis endormi. Quand je me suis levé, le soleil se levait à peine et la moitié des gens dormait pendaient que l'autre moitié emballait nos affaires.

On voulait tous retourner à la maison mais quatre d'entre nous voulaient encore rester jusqu'à que le soleil soit complètement levé. Et certains pensaient encore qu'on flippait pour rien et voulaient toujours rester. Moi, je voulais juste sortir de ces putain de bois.

Le nom de la fille qui s'était fait toucher par l'homme-bouc était Keira. Bref, je lui ai demandé si elle pensait vraiment que c'était quelque chose de mauvais et elle m'a répondu qu'elle voulait simplement retourner à la maison et ne surtout pas rester toute seule dans les bois une autre nuit.

On a finalement décidé de se séparer; les 4 qui voulaient partir le pouvaient mais je devais rester parce que j'avais les clés de la cabane, que c'était celle de mon oncle et que je devais la verrouiller. J'étais super énervé à ce stade parce que j'avais l'impression que les autres ne prenaient pas tout ça au sérieux et s'en foutaient que je veuille clairement pas rester dehors dans les bois pendant une autre nuit. J'ai passé le restant de la journée à tenter de convaincre les autres — à présent 4 filles et 4 mecs — de déguerpir. Vers 16h, Tanner est parti chez son père récupérer un fusil en disant qu'il allait revenir. On n'était donc plus que 7.

À 17h, il n'était toujours pas revenu et tout le monde a commencé à devenir super nerveux. À ce stade, la seule raison qui me poussait à arrêter de les supplier de s'en aller était qu'il était parti chercher une arme.

Il était plus ou moins 17h30 quand celui de mes cousins qui était resté nous a dit que la fille, Keira, était dehors. On a tous regardé dehors, et effectivement, elle se tenait près du feu de camp, dos à la caravane.

Je me suis demandé pourquoi elle était revenue alors qu'elle était si effrayée. Et puis, j'ai eu cette sensation désagréable au niveau du ventre. Gardez en tête que pendant tout ce temps, l'odeur métallique était partie. À ce moment-là, j'ai réalisé que je pouvais très légèrement la sentir.

Je l'ai signalé aux autres et tout le monde — et là tous ceux qui ont insisté pour rester dans ces putain de bois alors qu'on avait ce putain d'homme-bouc à nos trousses m'ont ri au nez en me demandant si j'avais monté toute cette histoire pour leur faire peur.

Je les regardais en mode "Putain je vous assure que c'est pas des conneries là". Je leur ai demandé pourquoi je me serais amusé à faire tout ça. Et là, une desfilles est descendue chercher Keira. Mais elle s'est arrêtée net à mi-chemin. Keira avait commencé à trembler ; bordel, je sais pas comment je pourrais décrire ça. C'était comme si quelqu'un, le dos tourné, riait sans faire le moindre son. Ç'a été le déclic qui m'a fait réaliser qu'il n'y avait pas un son dans tout le bois; la forêt était parfaitement silencieuse.

On était genre vers fin septembre, il faisait donc encore assez chaud à ce moment-là même si il faisait aussi super froid certains jours. Et normalement on pouvait encore entendre des oies, des oiseaux ou des écureuils jacasser.

Donc je suis sorti à mon tour et j'ai demandé à la fille de revenir immédiatement dans la caravane.

Elle est retournée avec nous et on a verrouillé la porte. On a abaissé tous les stores sauf un et un de nous s'est posté devant, assis sur une chaise, pour la surveiller. Elle est restée plantée là pendant bien 20 minutes. Le type s'est retourné pour nous dire qu'elle était toujours là. Et là il y a eu un ÉNORME coup sur la porte.

On s'est tous levés d'un bond et on s'est dispersés à travers tout le salon de la caravane. Le coup était vraiment putain de puissant.

À ce moment-là, mon cousin serrait dans ses bras une des filles, les deux autres rigolaient nerveusement, et moi et les deux autres gars, on se chiait littéralement dessus.

Et puis on a entendu Tan. Il criait.

"MAIS BORDEL, LAISSEZ-MOI ENTRER ! OUVREZ CETTE PUTAIN DE PORTE !"

On a été jusqu'à la porte et on l'a ouverte, et il est tombé à l'intérieur, un fusil dans les bras. Il n'y avait personne d'autre dehors.

Apparemment il avait marché jusqu'au lieu du campement. D'après lui, rien de bizarre ne s'était produit dans la forêt, mais arrivé sur place, il avait vu une fille. Mais ce n'était pas Keira selon lui. Quand il a atteint l'orée de la clairière, elle s'est tournée vers lui, la bouche grande ouverte, le suivant lentement du regard pendant qu'il progressait dans la clairière.

C'est seulement arrivé vers la moitié de la distance qui le séparait des caravanes qu'il a réalisé qu'elle se rapprochait de lui. Elle était près du feu au départ, et sans qu'il l'ait vue bouger d'un pouce, elle s'était retournée, et la distance qui les séparait s'était réduite. Tan a pris peur, et il a couru le reste de la distance en espérant que la porte serait ouverte. Quand il s'est rendu compte qu'on l'avait verrouillée, il s'est retourné et s'est rendu compte que la fille s'était encore rapprochée : elle était à mi-chemin entre lui et le feu.

Après avoir fini de raconter ce qui venait d'arriver, Tan a regardé autour de lui et il est devenu super pâle d'un coup. Il m'a mis à l'écart et m'a chuchoté à l'oreille : "Tu sais qu'on n'est plus que sept ici, hein ?" J'ai eu cette sensation de creux dans le ventre, comme quand on t'annonce un truc terrible auquel tu t'attends pas. C'était revenu à l'intérieur pendant qu'on se mettait d'accord sur qui allait où, et encore une fois quand on est tous sortis dehors pour parler plus tôt dans la journée. Ça en avait simplement profité pour se glisser dedans.

On a regardé à travers la fenêtre et il n'y avait personne dehors. On s'est tous recomptés et ensuite, en gros, j'ai demandé à tout le monde combien on était avant. Tout le monde a dit 8. J'ai répondu "Bien, combien de personnes sont ici en ce moment ?" Ils ont tous recompté et se sont rendus compte qu'on n'était plus que sept personnes dans la caravane.

Tan avait ramené plusieurs boîtes de munitions et son fusil. Il a expliqué à son père qu'il y avait une sorte d'animal dans la forêt parce qu'il ne pensait pas que son père l'aurait cru s'il avait dit que c'était l'homme-bouc. Il nous a dit que son cousin était censé venir bientôt et qu'il ramènerait tout le monde dans sa voiture le lendemain.

À ce moment-là, j'étais vraiment terrifié, mais je me sentais un peu mieux vu qu'on pouvait être de vrais Américains et flinguer l'enculé si il essayait encore de se foutre de nous. Et puis, y a eu cette grosse engueulade entre Tan et une des filles parce qu'elle pensait encore que Tan et moi on avait monté tout ça de toutes pièces, et qu'elle commençait à être vraiment effrayée et qu'elle ne trouvait plus ça drôle. Il arrêtait pas de lui répéter que c'était pas notre genre de faire ça, et puis elle nous a sorti ça : "Ok, alors pourquoi la fille qu'on a vue ça serait pas juste Tan avec une perruque ? Ou si c'est réellement l'homme-bouc, comment on peut savoir si c'est le vrai Tanner et pas l'homme-bouc qui l'aurait buté et qui aurait pris son fusil ?"

Donc on est entrés dans un putain de débat à ce sujet, Tan et moi on était en mode "on est peut-être sérieusement en danger parce qu'au mieux quelqu'un s'est glissé parmi nous sans qu'on le sache dans cette putain de caravane et s'est mêlé à nous, et au pire y a un truc pas net dans la forêt et ce truc est en train de nous niquer."

Une des filles s'est mise à pleurer en disant qu'elle voulait partir immédiatement, et on essayait de lui dire qu'on pouvait pas vu que personne ne voulait traverser les bois en plein milieu de la nuit. Le soleil commençait à se coucher et le ciel devenait un petit peu nuageux.

On a mangé un truc et on a laissé la radio allumée quelques temps mais on captait aucune station intéressante. On l'a donc éteinte, et c'est plus ou moins à ce moment que le cousin de Tan s'est pointé. Je pense qu'il devait avoir dans les 19 ans. Le soleil était pratiquement couché. Il était muni d'une de ces lampes torches ultra-résistantes et d'un autre fusil. Pendant qu'il s'approchait des caravanes, on a demandé en murmurant à Tan s'il était certain qu'il s'agissait de son cousin. Il a acquiescé.

Le type a regardé derrière lui et tout autour du camp avant d'entrer. Il nous a tous regardés, il avait l'air un peu confus.

Il nous a dit "Où est votre petite pote ? Je pensais qu'elle me rejoindrait à la cabane. Elle doit être un peu lente peut-être ?" Puis il nous a demandé si on avait cuisiné avec du sang dans la cuisine parce qu'il y avait comme une odeur de sang ou de métal chauffé à blanc tout le long du chemin jusqu'à la caravane. On était tous genre, "NOPE." Et puis, "mais putain de quelle fille tu parles ?"

Il avait pris le même sentier que Tan avait pris pour venir un peu plus tôt et il aurait rencontré "une de nos potes" en plein milieu du chemin, qui le regardait la bouche grande ouverte. Il lui aurait posé un tas de questions mais elle ne faisait que le regarder. Puis, elle lui a souri et il a repris sa marche sans s'arrêter. Et puis pendant qu'il continuait, il s'est rendu compte qu'elle l'avait suivi, elle restait constamment à une certaine distance derrière lui. Il lui a demandé si elle était blessée ou quoi et si elle avait besoin d'aide. Mais elle continuait de le fixer sans rien dire. Finalement, il a poursuivi son chemin. Plus loin, il s'est retourné dans un virage du sentier pour vérifier si elle allait bien, mais il n'y avait plus personne derrière elle. Il s'est dit qu'elle avait dû prendre un raccourci à travers les bois pour arriver à la caravane.

On lui a raconté toute l'histoire. Je m'attendais à ce qu'il dise qu'on racontait de la merde mais il est simplement resté là à écouter avant de finir par s'asseoir sur le canapé du salon.

Le cousin de Tanner en est revenu à la fille. Il nous a dit que pendant qu'elle faisait visiblement son possible pour rester à distance derrière lui, vu que ça avait tendance à le perturber, il essayait de la laisser le dépasser ou au moins arriver à son niveau. Mais il avait beau marcher le plus lentement qu'il pouvait, elle était toujours un peu en retrait. C'est là qu'il a commencé à sentir cette odeur désagréable qui devenait de plus en plus forte à mesure qu'il se rapprochait du camp. Finalement, à un moment où l'odeur était devenue presque insupportable, la fille a dit quelque chose à voix basse qu'il n'a pas pu saisir. Quand il s'est retourné, elle se trouvait juste devant lui. Il a reculé.

C'est à ce moment qu'il lui a demandé si tout allait bien et si ce n'était pas le cas, qu'il pouvait la porter le reste du chemin, mais elle est simplement restée là, à le regarder. Il a alors essayé de tendre son bras pour l'attraper par l'épaule mais il avait dû "mal évaluer la distance" : sa main s'était posée dans le vide, comme si la fille avait bougé sans qu'il le voie.

À ce stade, on était sûrs que tout ce merdier était bien réel, à moins qu'il s'agisse d'un coup monté de Tan, ce qu'on pouvait écarter vu qu'il était limite en train de se pisser dessus.

Donc, ils ont chargé leurs fusils, on a mangé un peu plus et on est sagement restés là à ne rien faire jusqu'à pratiquement 23h. Encore aujourd'hui, à chaque fois que j'y repense, je prie vraiment Dieu pour que ça n'ait été qu'un énorme canular monté par mes cousins qui m'était destiné et qu'ils me l'aient jamais révélé, histoire que j'en chie des briques pour le restant de mes jours.

Vers 23h, l'odeur de cuivre était devenue une odeur de sang vraiment dégueulasse, comme si on faisait bouillir du sang et qu'on brûlait des cheveux. Tan et son cousin, Reese, ont tout de suite compris ce qui se tramait et ont empoigné leurs fusils.

Il y avait quelque chose à la porte, je pouvais pas dire si ça la griffait ou si ça la frappait... et je dis pas de la merde, il y avait une voix qui ressemblait aux chats et chiens qu'on peut voir sur YouTube à qui on apprend à "parler". C'était une voix bizarre, hésitante, et ça disait : "Mais bordel, laissez-moi entrer. Ouvrez cette putain de porte."

J'ai encore eu cette sensation genre "oh putain..." et une des filles a commencé à pleurer et prier Jésus.




C'était tellement évident que c'était pas une personne qui parlait. Ça n'avait pas la bonne cadence. C'est quelque chose que je n'avais jamais réalisé jusque là mais chaque personne a une certaine cadence quand elle parle, peu importe la langue parlée. Tout le monde a un certain rythme de parole.

Ce truc n'avait aucune régularité. Une de ces vidéos de chats sur Youtube, c'est à ça que ressemblait la voix qui venait de dehors. Donc là j'étais en mode panique totale. On n'arrêtait pas de gueuler, "Qui c'est ? Arrête de traîner ici, mec !" et pendant un bon quart d'heure, il n'a fait que dire "dedans" ou "laissez-moi entrer".

http://www.youtube.com/watch?v=qff9V27Weaw

Ça ressemblait à ça, sauf que c'était pas drôle. Désolé d'être un peu hors-sujet, mais vous pourrez pas bien vous rendre compte dans quel merdier on était si vous arrivez pas à imaginer cette voix.

Peu après, l'odeur s'est dissipée pendant un temps. Et tout au long de l'heure qui a suivi, on a pu entendre ce truc rôder autour de notre refuge. Toutes les quelques minutes, il revenait à la porte, et disait quelque chose.

Finalement, vers 2h du matin, l'odeur s'est entièrement dissipée. Reese a dit "Allez, tant pis !" et il est sorti avec son fusil.

Il a tiré en l'air, et a dit un truc du genre "Au nom de notre seigneur Jésus Christ, va-t'en !" Il a alors tiré deux autres coups, et là, venant des bois vers la rivière qui se trouvait près du campement, on a tous distinctement entendu quelque chose qui marmonnait ou hululait.

Et puis, ça a commencé à crier. C'était presque comme si on avait mis une gonzesse et un chat dans un sac et qu'ils criaient à l'unisson. J'avais jamais rien entendu de pareil. Puis on a entendu bruire les buissons, comme si quelque chose se déplaçait sous leur couvert. Reese a tiré dans cette direction et a rejoint la caravane à reculons.

On a verrouillé la porte, mais on pouvait toujours entendre cette créature fredonner et crier. Reese nous a dit que quelque chose venait de sortir des buissons et rampait lentement vers la cabane. C'était sur ce truc qu'il venait de tirer.

Toute la nuit est passée comme ça : des cris continus pendant les deux heures suivantes, des mouvements dans la forêt. La chose n'est finalement jamais revenue vers la cabane avant que tout le monde ne s'endorme.

Pendant ce temps, Tan était assis sur une chaise, surveillant la porte avec son arme ; personne d'autre n'a vu ou entendu ce qui va suivre, et il ne me l'a dit que deux jours plus tard, après que tout ça se soit terminé.

Il m'a dit qu'il somnolait depuis que les cris et les autres bruits s'étaient arrêtés, et il était quasiment endormi quand il a vu quelqu'un sortir de la salle de bains, s'allonger sur le sol et s'endormir. Il s'est simplement dit que ça devait être l'un d'entre nous et s'est de nouveau mis à somnoler.

Mais il s'est remis en alerte peu de temps après. Il a compris que quelque chose ne tournait pas rond, et pendant qu'il faisait semblant de dormir, il a compté combien on était : il y avait 9 personnes dans la cabane.

Il ne voulait pas risquer de tirer sur ce truc dans la cabane, il savait pas de quoi cette créature était capable, ou il aurait pu réveiller Reese qui aurait commencé à tirer partout et nous blesser. Il est juste resté réveillé toute la nuit, faisant semblant de dormir pour surveiller l'intrus. Parfois, le truc se relevait et s'agitait bizarrement ou hoquetait, comme s'il riait. Et puis il retournait à sa position allongée.

Cette histoire se termine sans vraie conclusion, parce que de mon point de vue, rien ne s'est produit ensuite. Nous nous sommes levés et j'ai remarqué que Tan était un peu nerveux et qu'il évitait nos regards. On a pris notre petit-déjeuner, on a tout remballé et on s'est dirigés vers sa maison. Il est sorti en dernier de la cabane en disant qu'il se chargerait de la fermer (ce que j'avais pas DU TOUT envie de faire) et qu'il me ramenerait les clés de mon oncle ; que je pouvais commencer à avancer, il me rattrapperait.

On a pu faire une certaine portion du chemin avant qu'il nous rejoigne en courant. On a trottiné jusqu'à chez lui. Puis, Reese m'a ramené chez mes cousins.

Tan était retourné à la cabane pour la verrouiller et a regardé à l'intérieur. Il y avait une fenêtre dans la salle de bains. On avait juste été trop cons pour penser à verrouiller celle-là. Elle était grande ouverte quand il est entré dans la salle de bains.

Je suis sûr que la créature a fait ça tout le long : elle attendait qu'on s'endorme et se faufilait parmi nous. D'après Tanner, elle est restée un peu derrière nous pendant toute la route jusqu'à la maison, et au moment où on arrivait à la lisière, elle est restée immobile dans les fourrés, et elle l'a fixé intensément avant de repartir dans les bois.

Affaire Elisa Lam





Nous constatons une femme que l'on connaît maintenant sous le nom d’Élisa Lam, entrer dans un ascenseur du Cecil Hôtel situé à Los Angeles. Les images présente datent du 31 janvier 2013, date à laquelle cette dernière a trouvé la mort. Comment me direz-vous ? Là est tout le mystère justement. Mais analysons tout d'abord ces images afin de mieux comprendre ce qui aurait pu se passer.

Élisa Lam entre donc dans un ascenseur. Elle paraît tout de suite apeurée et se cache dans un des angles. On a l'impression qu'elle entend quelque chose de suspect ou qui lui fait peur, elle avance donc aux portes de l'ascenseur pour voir ce que c'est. Elle paraît désorientée et semble surexcitée.

Elle se cache de nouveau dans l'angle et passe la tête à travers les portes restées ouvertes de nouveau. Puis elle fait un petit saut qui la ramène tout droit dans le couloir. Là, elle semble être prise de tocs et fait un pas chassé vers la droite pour finalement de nouveau entrer dans l'ascenseur. Elle ressort, disparaît, réapparaît et c'est à ce moment-là que nous pouvons voir qu'elle agit bizarrement, elle fait en effet de grands gestes désordonnés. Finalement, elle entre encore une fois et tente d'activer l’ascenseur. Notons que les portes jusqu'ici ne se sont pas fermées une seule fois.

Encore quelques secondes et elle ressort. Vous constaterez qu'elle agite ses mains d'une drôle de façon, elles n'ont plus rien de naturelles. On pourrait même avoir l'impression qu'elle parle avec quelqu'un que bien sur, on ne parvient pas à voir à l'écran. Est-elle prise d'une bouffée délirante ? Quoi qu'il en soit, finalement elle s'en va et ne revient plus. Ce n'est que peu après que les portes de l'ascenseur se ferment et s'ouvrent et ce à de multiples reprises, menant ainsi aux autres étages.

Nous savons aujourd'hui que cette jeune femme n'est plus de ce monde. Elle a en effet été retrouvée dans la citerne du Cecil Hôtel deux semaines après la prise de ses images issues de la caméra de surveillance. Les habitants de l’hôtel trouvaient que l'eau avait mauvais goût et également une drôle de couleur. Ils s'étaient donc plaint aux responsables. Ces derniers ont sans doute lancé une enquête pour savoir d'où cela pouvait provenir. Quoi qu'il en soit, nous savons aujourd'hui que la jeune femme a séjourné deux semaines complètes dans la citerne, qu'elle y a été retrouvée nue, sans pour autant trouver des traces de violence, et qu'il est quasiment impossible qu'elle ait pu escalader les quatre mètres de tôle pour se jeter dans l'eau elle-même. Il semble d'autant plus que deux portes auraient du bloquer son passage, aussi, les autorités ne comprennent pas comment elle a pu se retrouver là.

Aucune alarme n'a été entendue, les deux portes étaient fermées à clé et aucune échelle se trouvait à proximité.

La police et le médecin légiste conclue par une mort accidentelle, par noyade plus exactement. Et pour expliquer cette vidéo, ce même médecin explique un trouble bipolaire, mais étant grande voyageuse, il est certain que ses parents ne l'auraient pas laissé partir si elle avait été malade. D'autres penchent évidemment pour un phénomène paranormal. Selon eux, la jeune fille aurait été aux prises avec une "entité surnaturelle" dans cet ascenseur. Le fait qu'elle agissait de cette façon laisse effectivement planer le doute.


Notons au passage que cet hôtel aurait abrité quelques tueurs en série, notamment Jack Unterweger qui aurait assassiné pas moins de dix prostituées en Autriche, mais aussi Richard Ramirez que nous connaissons pour avoir tué une quinzaine de femmes également. Il est fortement possible que les lieux ait pu aspirer ses énergies négatives. Et vous, qu'en pensez-vous ? Qu'est-il réellement arrivé à Élisa Lam ?

No through road

Le 17 décembre 2008, quatre adolescents de 17 ans ont été retrouvés morts dans leur voiture à proximité d'une ferme abandonnée, à 15 km de chez eux. Cette vidéo est le contenu de la caméra que possédait un des jeunes hommes, présenté tel qu'il a été trouvé.

Si vous avez la moindre information concernant ces événements, prière de nous contacter via le lien donné en fin de vidéo.


Crying Sally

L’été était beau et chaud cette année. Le soleil, comme toujours, amenait de la chaleur sur la peau. La légère brise qui balayait le voisinage rendait la journée ni trop chaude, ni trop froide. C’était simplement la température parfaite. Mais Sally ne n’oubliera jamais cet été.

Sally était une jeune fille, 8 ans, de longs cheveux bruns et bouclés et des yeux verts clairs. Elle était polie, ne mentait jamais et faisait tout ce qu’on lui disait de faire. Sa mère et son père l’adoraient; ils ne pouvaient pas souhaiter une meilleure fille.

Sally rigolait en même temps de jouer avec ses amis à l’extérieur de la maison. Ils jouaient à des jeux variés, comme la marelle et la corde à sauter, les poupées et la tag. La mère de Sally souriait chaleureusement à la vue de cette innocence. Elle essuya ses mains sur son tablier et appela sa fille.

‘’Sally! Viens à l’intérieur, c’est l’heure de manger!’’ Sally leva ses yeux de sa poupée et sourit.

‘’Ok Maman!’’

En s’asseyant à la table, Sally bondit légèrement de son siège, excitée pour je-ne-sais-quoi. Sa mère plaça sur la table un sandwich au beurre d’arachide et confiture, sans croûtes. Quelques bâtons de carottes et de céleris sur le côté, et un jus.

‘’Merci Maman.’’

‘’Je t’en prie chérie.’’ Pendant que l’enfant prenait son sandwich, sa mère prit une place à côté d’elle et sourit en la regardant manger. ‘’Devine quoi! Ton oncle Johnny vient ici.’’ Sally regarda sa mère et sourit, les coins de ses lèvres avaient des traces de beurre d’arachide.

‘’Mmg! Moncle Jommy??’’Répéta-t-elle la bouche pleine. Sa mère rit et hocha la tête.

‘’Mhm. Il vient pour aider Papa avec son travail et pour te surveiller. Peut-être qu’on pourra tous aller au carnaval!’’ Sally mastiqua le reste de sa bouchée rapidement et avala.

‘’Est-ce que Sarah et Jennie peuvent venir aussi?’’ Sa mère réfléchit.

‘’Eh bien, c’est à leurs parents de décider, mais si ils acceptent, bien sûr!’’ Encore une fois, l’enfant rigola et bondit de son siège, beaucoup plus excitée de ces vacances d’été.

Au cours des prochains jours, Oncle Johnny conduit jusqu’à la maison. En sortant de sa voiture, l’homme s’étira et lâcha un soupir fatigué.

‘’Oncle Johnny!’’ Une petite voix gazouilla, attirant l’attention de l’homme. Sally lâcha sa corde à sauter et courut vers le membre de sa famille, en l’étreignant.

‘’Heyy Sal! Comment vas-tu?’’ Il posa cette question en soulevant la jeune fille avec facilité, tout en lui donnant une meilleure accolade. La fille rigola et regarda ses amis tout en pointant dans leur direction.

‘’Je jouais avec Sarah et Jennie. Allons à l’intérieur pour dire à Maman que tu es ici!’’

‘’C’est une idée géniale.’’ Il sourit et marcha à l’intérieur de la maison, appelant la femme. ‘’Marie! Je suis là!’’ Il dit ça, suivit par Sally qui l’imitait.

‘’Maman! Oncle Johnny est là ~!’’ La femme sortit de la cuisine et sourit en regardant Johnny qui avait réussi.

‘’Johnny, tu es arrivé ici sain et sauf.’’ L’homme déposa la fille par terre et lui donna une tape pour lui dire de partir. Il étreignit la femme.

‘’Bien sûr que j’ai réussi. Pourquoi je ne serais pas arrivé ici sain et sauf?’’ Il rit, marchant dans la cuisine avec la femme. Sally trottinait jusqu’à la porte d’entrée et cria pour dire qu’elle retournait jouer dehors.

‘’Reviens avant qu’il fasse noir!’’

‘’Oui Madame!’’ La fille sortit.

Alors que l’heure du dîner approchait, le père de Sally rentra, content de voir son frère. Marchant à l’intérieur avec sa fille, il se dirigea vers Johnny pour une poignée de main et une accolade.

‘’Content de te voir frérot, comment vas-tu?’’ Demanda-t-il en croisant les bras et en regardant sa femme mettre la table pour le dîner. Johnny hocha les épaules et jongla avec ses pouces.

‘’Moi et Karen, on s’est séparés.’’

‘’Aw, c’est terrible. Je suis désolé…’’ Johnny secoua la tête en souriant.

‘’Nah, tout va bien. Je suis heureux. Je peux maintenant bouger librement sans personne pour constamment me dire où je suis et qu’est-ce que je fais.’’ Les deux hommes rirent ensemble en marchant vers la table pour manger. ‘’Mmm Marie, c’est merveilleux.’’

‘’Merci. Je suis contente que tu aimes ça.’’

‘’Mhm! C’est délicieux Maman.’’ Les adultes sourirent et rirent par rapport à la remarque de l’enfant.

Au fur et à mesure que les assiettes se vidaient, Sally commençait à bâiller encore et encore, se frottant les yeux avec les mains. Sa mère sourit et frotta doucement son dos.

‘’On dirait que quelqu’un est fatigué. C’est l’heure d’aller au lit!’’ Sally hocha la tête et sauta hors de sa place, prenant son assiette et la portant jusqu’au lavabo. Sa mère se leva pour l’emmener au lit, mais se fit arrêter par John qui lui attrapa le bras.

‘’Je l’emmène au lit.’’ Il sourit, tout en en gagnant une en retour.

‘’D’accord, merci John.’’ L’homme hocha la tête, regardant la femme marcher vers la vaisselle sale et mettre en place les restes. Puis, il regarda son frère quitter la cuisine vers la salle de bain pour se nettoyer. Il se fit suivre par la jeune fille jusqu’à sa chambre.

John sourit et ferma la porte derrière lui, regardant la fille farfouiller partout dans son tiroir à la recherche d’un pyjama.

‘’Besoin d’aide?’’ Demanda-t-il, regardant la fille lever les yeux et hocher la tête. ‘’Ok, regardons ce que tu as.’’ L’homme s’approcha d’elle et commença à chercher à travers ses divers pyjamas. ‘’Tu en as un avec des fraises imprimées dessus. Je parie que tu vas sentir comme elles dans tes rêves.’’ Il prit le chandail et le montra à la fille, tout en le respirant profondément. Sally rigola et secoua la tête, indiquant qu’elle ne voulait pas porter le pyjama aux fraises. Johnny hocha la tête et replaça le pyjama dans le tiroir. Puis, il sortit un autre chandail avec une licorne dessus. ‘’Et lui? Je parie que tu vas chevaucher Madame la licorne.’’ Encore une fois, l’enfant rigola et secoua la tête encore une fois. L’homme laissa échapper un léger souffle et replaça le chandail. Puis, il prit une chemise de nuit blanche. ‘’Et lui? Tu seras capable de te transformer en princesse avec ça.’’ Les yeux de Sally s’allumèrent et elle applaudit avec enthousiasme. Elle hocha la tête. Il plaça la chemise sur le lit, tendit la main vers elle et commença à déboutonner sa chemise.

‘’Je peux m’habiller toute seule tonton.’’ Dit-elle en souriant tout en regardant ses mains sur son chandail. L’homme sourit et hocha la tête, continuant de déboutonner la chemise de Sally.

‘’Je sais que tu peux, mais tu es fatiguée, pourquoi ne pas avoir un peu d’aide?’’ Demanda-t-il, regardant Sally hocher la tête. Quand la chemise fut déboutonnée, il la fit glisser sur ses épaules pour qu’elle tombe par terre, puis il lui donna un petit coup de coude sur le ventre, ce qui la fit rigoler. Il sourit, puis s’empara de la jante du pantalon et tira vers le bas. Finalement, l’homme attrapa la chemise de nuit et passa la tête de Sally à travers l’ouverture, en s’assurant que les bras puissent passer par les manches. ‘’Voilà!’’ Dit-il gaiement, regardant la fille sourire et rire quand elle bondit sur le lit. Johnny se leva et ramassa les vêtements, la porte s’ouvrit et laissa apparaître la mère de Sally qui venait la border.

‘’Tu es prête pour dormir?’’ Demanda-t-elle en marchant vers le lit. Johnny leva les yeux et se précipita de l’autre côté du lit.

‘’Je vais la border, est-ce que ça dérange?’’ Marie le regarda, sourit et secoua la tête.

‘’Bien sûr que non.’’ Elle regarda sa fille et se pencha pour l’embrasser sur le front. ‘’Bonne nuit chérie.’’

‘’Bonne nuit Maman.’’ Tout en donnant un massage sur le front de la fille avec son pouce, la femme prit les vêtements que Johnny avait et sortit de la salle. Johnny sourit à la femme et se dirigea vers l’interrupteur, effleurant le tout. Il ferma soigneusement la porte et la verrouilla. Lentement, il regarda par-dessus son épaule en direction de Sally. Johnny avait un refroidissant sourire en coin.

Au cours des prochains jours, Marie remarqua que Sally n’agissait pas normalement. Elle ne souriait plus comme avant. Elle n’était plus heureuse et ne parlait plus avec cet air gai. Marie prit la main de sa fille, qui jouait avec ses amis, et l’amena plus loin. Sally regarda sa mère, confuse.

‘’Chérie, est-ce que tu te sens bien?’’ Demanda-t-elle en se mettant à genoux. Elle était à la hauteur de sa fille. Sally avait les larmes aux yeux. Puis, lentement, les larmes commencèrent à couler. Sa mère essuya les larmes, confuse. ‘’Sally?’’

‘’M-maman…Je…Je ne voulais p-pas…’’ Dit-elle en hoquetant et en sanglots.

‘’Tu ne voulais pas faire quoi ma belle?’’

‘J-Je…Je ne voulais p-pas jouer…Je ne voulais pas jouer à son j-jeu…’’ La fille regarda sa mère et attrapa sa taille pour un câlin.

‘’Il…Il m-m’a touché..Et..Et m’a forcé à le toucher!’’ Marie fronça les sourcils et se mit à caresser doucement les cheveux de son enfant, pour la réconforter. Elle chuchota à son oreille pour la calmer.

‘’Shhh, tout va bien. Maman est là.’’ C’était un cauchemar. La fille avait eu un cauchemar effrayant. ‘’Tout va bien maintenant, d’accord? Ne t’inquiète plus à propos de ça.’’ Elle regarda Sally qui la regardait aussi. Sa respiration coupa ses pleurs et elle sourit.

‘’O-Ok maman…’’ Sa mère sourit et embrassa son front.

‘’Maintenant, va te laver. Tu ne veux pas jouer avec tes amis comme ça.’’ Sally rigola un peu et courut dans la salle de bain pour se nettoyer le visage.

Plus tard dans la journée, Johnny et son frère revinrent du travail. Frank soupira, puis sourit quand il vit Sally faire la vague vers lui. Il fit de même, ferma la portière et marcha vers la maison. Johnny regarda Sally et fit la vague vers elle. Le sourire de l’enfant fondit lentement, montrant de moins en moins de bonne humeur, mais elle fit la vague tout de même. Johnny rentra dans la maison à son tour, puis s’arrêta quand il entendit une conversation entre son frère et sa femme.

‘’Sally a quoi??’’ Demanda Frank.

‘’Elle a eu un cauchemar. Un très mauvais. Elle a dit qu’un ’Il’ l’avait touché.’’

‘’Bon, qui est ce putain de ‘Il’ !?’’

‘’Je ne sais pas, Frank…Mais ce n’était qu’un cauchemar. Je voulais juste t’informer de ce qui lui arrivait et pourquoi elle agissait différemment.’’

Johnny fronça les sourcils, en colère. Ses doigts virèrent au blanc. Puis, il se calma, pensant à une solution d’urgence. Il dessina un sourire sur son visage et entra dans la pièce, faisant semblant qu’il venait tout juste d’entrer dans leur conversation. Ses sourcils se levèrent, pour avoir l’air surpris.

‘’Ouuups…est-ce que j’ai interrompu quelque chose?’’ Demanda-t-il, regardant le couple secouer leurs têtes. Johnny sourit et pointa en direction de la voiture. ‘’Je vais au marché, tu as besoin de quelque chose Marie?’’ La femme sourit et regarda dans la cuisine.

‘’Oui. Peux-tu me prendre des œufs, du lait, du pain et du jus?’’ Johnny hocha la tête. Avant de sortir de la pièce, il s’arrêta.
‘’Sally veut venir aussi. Je veux juste vous informer.’’ Marie sourit.

‘’Merci Johny.’’ Il hocha la tête à nouveau et sortit de la maison, les clés en mains. Il se dirigea vers Sally et ses amis et plaça ses mains sur les côtés de sa bouche.

‘’Sally!’’ L’enfant leva les yeux vers l’homme. ‘’Allez, allons au marché!’’ John marcha jusqu’à la voiture, faisant signe à l’enfant de le suivre. Sally resta assise un moment, puis plaça ses poupées sur l’herbe.

‘’Je reviens bientôt. Surveillez Marzapan et Lilly pour moi, s’il-vous-plaît.’’ Jennie et Sarah sourient et hochèrent la tête. Sally se dirigea, à contrecœur, vers la voiture. Elle monta sur le siège passager et boucla sa ceinture. ‘’Est-ce que Maman veut que tu ailles au marché?’’ Demanda-t-elle. Johnny hocha la tête, mit les clés dans le contact, démarra la voiture et sortit de l’allée.

‘’Ouaip. Elle veut que j’aille lui chercher de la nourriture. Peut-être que je pourrais te prendre quelque chose aussi.’’ Il sourit et regarda l’enfant. Sally sourit nerveusement et regarda le paysage passer par la fenêtre. Dès qu’ils arrivèrent sur la route menant au marché, Sally remarqua qu’il ne ralentissait pas afin d’entrer dans le parking. Elle fronça les sourcils, confuse, et leva les yeux vers lui.

‘’Oncle Johnny, le marché est derrière.’’ Dit-elle en pointant vers le magasin. L’homme ne dit rien. Il continuait à conduire, un petit sourire sur le visage. L’enfant s’assit et regarda derrière la banquette arrière. Elle regardait le magasin s’éloigner et devenir de plus en plus petit, jusqu’à ce qu’il soit hors de vue. Réalisant qu’ils n’allaient pas au marché, l’enfant regarda son oncle entrer dans le petit parking du parc près de la ville. Personne n’y allait les dimanches. Sally était nerveuse et sa respiration s’accélérait. Elle regardait l’homme avec de grands yeux. Johnny arrêta la voiture et coupa le contact, regardant l’enfant. De la colère était parfaitement visible dans ses traits.

‘’Tu as dit à ta mère ce qui est arrivé, n’est-ce pas?’’ Demanda-t-il en regardant la jeune fille secouer frénétiquement de la tête. ‘’Tu ne joues pas bien au jeu, Sally.’’ Son ton ressemblait presque à un petit chant. L’homme tendit la main et tira la fille vers lui, ignorant la lutte qu’elle tentait et ses gémissements. ‘’Tu as dit que tu allais jouer au jeu avec moi Sally, tu m’as menti.’’ En ouvrant la porte à côté de lui, l’homme tira l’enfant à l’extérieur et la jeta sur le sol. Il la plaquait pour qu’elle reste par terre, ignorant les cris et les contorsions que l’enfant faisait. ‘’Tu dois être punie pour avoir brisé les règles.’’ Dit-il sur un léger ton qui ressemblait à un chant, avant de commencer à déboucler la ceinture.

‘’Nous venons d’être au courant. Un couple a trouvé le corps de Sally Williams, huit ans, dans le parc. La longue semaine de recherche est maintenant close. Plus d’informations, ce soir, à 21h00.’’

Elle aurait pu jurer d’avoir fermé la porte de sa chambre. ‘’Je suppose que j’ai oublié.’’ Se levant de la chaleur et du confort de son lit, l’adolescente marcha à travers la pièce et ferma la porte. Avant de pouvoir retourner dans ses couvertures, un léger bruit se fit entendre dans le couloir. Était-ce ses parents? Ils sont sûrement venus vérifiés si elle dormait ou quelque chose comme ça. Dès que ses jambes furent couvertes, un son fit frissonner l’adolescente. C’était des…pleurs? En fait, ça ressemblait à un enfant. Tout en se levant une nouvelle fois de son lit, la fille marcha vers la porte et l’ouvrit. Les pleurs semblaient plus forts à l’extérieur de la chambre. Scrutant l’obscurité, l’adolescente se glissa dans le couloir, suivant le bruit des pleurs. Une fois arrivée au bout du couloir, l’adolescente eut le souffle coupé. Assise sur le sol, face à la fenêtre éclairée par la Lune, se tenait une petite fille. Elle était recroquevillée sur elle-même, dos à l’adolescente et pleurait. Comment a-t-elle fait pour entrer dans sa maison? Par la fenêtre? En avalant difficilement sa salive, l’adolescente prit la parole.

‘’Qui…Qui es-tu? Comment es-tu entrée dans ma maison?’’ Demanda-t-elle.

Soudainement, les pleurs stoppèrent. L’enfant enleva lentement ses mains tremblantes de son visage et regarda derrière elle, secouant légèrement. Du sang remplaçait ses larmes, salissant ses mains. Il y avait un profond caillot de sang et des cheveux sur le côté de son visage. Du sang s’échappait de la plaie sur son visage et salissait sa robe de nuit sale. Ses yeux verts clairs semblaient voir à travers son âme.

‘’Ceci est ma maison…’’ Dit l’enfant. Sa voix était rauque, comme si elle avait du mal à parler. Le corps de la jeune fille se secouait et remuait bizarrement, avant qu’elle ne se lève et se tourne directement vers l’adolescente. Ses pieds étaient sales, comme si elle avait marché dans de la boue, des éraflures étaient présentes sur ses genoux et ses jambes, le bout de sa robe était déchirée et en lambeaux. Tout en tendant sa main ensanglantée, la jeune fille sourit lentement, laissant apparaître ses dents couvertes de sang.

‘’Joue avec moi…’’